A la rencontre des experts du Pôle Judiciaire de la Gendarmerie nationale

Jeudi 20 septembre, à l’initiative de mon collègue et président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques, Cédric VILLANI, j’ai participé à la visite du Pôle Judiciaire de la Gendarmerie nationale  à Pontoise (PJGN), un des plus grands pôles européens de police scientifique. Une visite qui s’inscrit  pleinement dans le cadre de mes missions au sein des groupes d’études sur les questions de sécurité et de cybersécurité.

C’est une visite passionnante et des plus instructive au coeur des domaines d’expertise de l’IRCGN, mais également du C3N, Centre de lutte contre les criminalités numériques et du SCRC, Service Central de Renseignement Criminel, qui nous a été permise.

En effet, installé en 2015 à Pontoise, sur une surface de plus de 27 000 m2, le Pôle Judiciaire de la Gendarmerie nationale (PJGN) regroupe en son sein l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN), le Service Central de Renseignement Criminel (SCRC) et le Centre de Lutte contre les criminalités numériques (C3N). Le PJGN est commandé par le général de brigade Patrick Touron.

☞ L’Institut de Recherche Criminelle (IRCGN), –  environ 260 personnes, dont 15% de civils et près des trois quarts titulaire d’un diplôme de niveau licence ou master-  est un laboratoire de criminalistique de pointe. Il englobe sur un même site toutes les technologies et sciences concernant la recherche de la vérité scientifique au procès pénal. Le statut militaire des gendarmes scientifiques leur permet d’œuvrer en tous lieux et tous temps, donnant à cette unité un statut opérationnel reconnu dans le monde entier.

 

☞ Le Service Central de Renseignement Criminel  (SCRC), successeur du Service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRJD), – environ 270 personnes, presque exclusivement militaires-   administre les bases de données de la gendarmerie, élabore le renseignement destiné aux échelons opérationnels et celui adressé aux responsables politiques, appuie les unités dans les enquêtes ou le pilotage des actions de prévention de la délinquance. Ses travaux sont un atout majeur dans les enquêtes en matière de terrorisme.

☞ Le site abrite aussi, dans un bâtiment spécialement aménagé, le service central de préservation des prélèvements biologiques. Le service conserve actuellement 210.000 scellés dont 3 % de scellés congelés. Le SCPPB, s’inscrivant pleinement dans la chaîne criminalistique globale est, de par son expertise en matière de gestion et de conservation des prélèvements biologiques, un acteur majeur au service de la Justice dans l’identification des auteurs infractions.

Lutte contre la cybercriminalité

Avec le développement des nouvelles technologies,  de nouvelles formes de criminalités ont fait leur apparition.

☞ Le Centre de lutte contre les cybercriminalités numériques (C3N) assure une mission de surveillance de l’internet et renseigne sur les modes opératoires est un outil indispensable dans la lutte contre cette cybercriminalité. Il mène coordonne ou appuie les enquêtes judiciaires.

Ce centre comprend un département des activités illicites sur internet, capable de mener des investigations sous pseudonyme, mais aussi un département des atteintes au systèmes de traitement automatisé des données (ransomware en particulier). Il assure aussi au-travers de son département d’anticipation et d’animation territoriale une assistance à destination des échelons locaux de la gendarmerie. Il gère enfin la base nationale des images pédopornographiques.

La collaboration entre ces  entités au sein de ce pôle d’excellence est le gage d’un travail exceptionnel et permet le développement de techniques de pointe.

Enfin, l’implantation des laboratoires scientifiques de la gendarmerie nationale à Pontoise a permis de créer des passerelles entre le Pôle judiciaire et les écoles d’enseignement supérieur du territoire. Le PJGN réalise, en effet, des travaux  de recherche et de développement appliquée à la criminalistique, dont certains programmes sont déjà engagés en collaboration avec l’université de Cergy-Pontoise.