A l’occasion des commémorations de la Nuit de Cristal des 9 et 10 novembre 1938, j’étais présent à Auschwitz-Birkenau en Pologne

A l’heure où, partout en Europe, nous constatons, avec effroi, une résurgence de l’antisémitisme et de la haine de l’autre aussi virulents qu’insidieux, je me suis rendu, avec des collègues parlementaires de tous bords,  lundi 8 et mardi 9 novembre à Auschwitz-Birkenau, en Pologne, à l’occasion des commémorations annuelles de Kristallnacht ( Nuit de Cristal).

À Auschwitz sont conservées les traces du martyr et de l’héroïsme. Aussi ce déplacement, qui s’est articulé autour de deux temps forts, était l’occasion de faire mémoire en Humanité.

– Un temps de recueillement pour la mémoire :

Je me suis rendu, en effet, aux camps d’Auschwitz-Birkenau, le plus grand des camps de concentration et des centres d’extermination nazis allemands où plus de 1,1 million d’hommes, de femmes et d’enfants ont perdu la vie.

Ce camp porte la douleur, celle des survivants, mais il porte aussi la responsabilité des vivants. Auschwitz est le seul des camps d’extermination à avoir conservé les traces visibles de l’assassinat de masse organisé par les Nazis. Mais n’oublions ni Belzec, ni Sobibor, ni Treblinka, ni Chelmno.

« Personne ne sortira d’ici, qui pourrait porter au monde, avec le signe imprimé dans la chair, la sinistre nouvelle de ce que l’homme, à Auschwitz, a pu faire d’un autre homme. »

Primo Levi,  Ecrivain et survivant des camps d’Auschwitz

Alors que les témoins de l’horreur des camps disparaissent peu à peu, il est  primordial, pour tout un chacun de participer à la transmission et à la sensibilisation à la mémoire de la Shoah en Europe. Mais aussi à la mémoire des victimes homosexuelles et tsiganes du nazisme, dont la France n’a reconnu la déportation qu’en 2005.

« Nous sommes là pour nous souvenir que la folie nazie voulait éliminer les Tziganes. Nous sommes là pour nous souvenir que la folie nazie voulait éliminer les plus faibles, les plus fragiles, les personnes frappées par le handicap dont l’existence même faisait affront à leur conception de l’homme et de la société.

En Allemagne, mais aussi sur notre territoire, celles et ceux que leur vie personnelle distinguait, je pense aux homosexuels, étaient poursuivis, arrêtés et déportés. Aujourd’hui, nous savons que la tolérance et le refus des discriminations appartiennent au socle intangible des droits de l’homme. Nous savons aussi que ce combat de l’acceptation de l’autre et de ses différences n’est jamais achevé. Il demeure l’un des plus ardents pour notre République. »

Jacques Chirac, Président de la République

A cette occasion, aux côtés de mes collègues parlementaires français, nous avons déposé  une gerbe au Mur de la Mort, à la mémoire de toutes les victimes de la déportation, tout comme les délégations de chaque pays représenté. L’Europe doit continuer à se tenir unie. Elle doit assumer la responsabilité de ce devoir historique envers les victimes

« Le voyage a duré deux jours et demi ; du 13 avril à l’aube au 15 au soir à Auschwitz-Birkenau. C’est une des dates que je n’oublierai jamais, avec celle du 18 janvier 1945, jour où nous avons quitté Auschwitz, et celle du retour en France, le 23 mai 1945. »

Simone Veil, Ancienne présidente du Parlement européen et survivante des camps d’Auschwitz

– Un temps de réflexion pour l’action :

J’ai aussi participé à un symposium à Cracovie, aux côtés de rescapés de la Shoah, de ministres et de parlementaires européens, d’experts et du président du Conseil du Mémorial de Yad Vashem, (l’Institut international pour la mémoire de la Shoah).

Cette conférence a notamment été l’occasion de dresser un état des lieux des différentes formes d’antisémitisme en Europe et d’envisager les mesures concrètes pour endiguer et faire reculer ce phénomène.

A l’heure où l’on ne peut que déplorer la montée de tous les nationalismes,  résurgence des années 30,  cette conférence a mis en lumière différentes initiatives destinées à fournir des outils opérationnels de lutte contre l’antisémitisme en se fondant sur les bonnes pratiques adoptées dans différents pays européens.

Pour ma part, j’ai eu l’occasion de rappeler ô combien il était nécessaire dans notre société connectée de tout mettre en oeuvre pour lutter contre la haine qui se développe par le numérique.

Internet et les réseaux sociaux sont, en effet, comme toutes les techniques depuis l’aube des temps : ils peuvent servir au meilleur comme au pire, selon ce que nous en faisons.

Jean-Michel MIS, député de la Loire 

Chaque pays se doit de mettre en œuvre ses politiques publiques de lutte contre la radicalisation. Toutefois, s’agissant d’une menace mondiale, empruntant des canaux de communication planétaires, nous nous devons d’apporter des réponses cohérentes et interconnectées.

« Nous traquerons l’antisémitisme, le racisme sous toutes ses formes, la haine qui s’affiche au grand jour, comme celle qui se tapisse dans l’ombre et l’anonymat »

Emmanuel Macron, Président de la République

Ce déplacement était organisé par l’Association juive européenne, (European Jewish Association-EJA) présidée par Rabbi Menachem Margolin.