Après une année d’engagements tenus, un cap clair : être plus fort pour être plus juste !

« Je sais que je ne peux pas tout, je sais que je ne réussis pas tout. Mon devoir est de ne jamais m’y résoudre et de mener inlassablement ce combat ».

Ce sont par ces mots que le président de la République a débuté ses propos devant nous, sénateurs et députés réunis à Versailles pour cette occasion. Comme il s’y était, en effet, engagé lors de son élection, Emmanuel MACRON est venu rendre compte et donner le cap. Ne pouvant assister au débat qui s’en est suivi (la constitution lui interdisant), il a annoncé avoir demandé au Gouvernement de déposer dès cette semaine un amendement qui lui permettra, lors du Congrès de l’année prochaine, de rester pour écouter les réactions des différents groupes politiques, et de leur répondre.

Lors de son intervention, Emmanuel MACRON a tout d’abord fait l’analyse de cette première année du quinquennat, avant de donner les orientations pour les années à venir.

Le président de la République a souligné les « chantiers d’une ampleur jamais vue » engagés depuis un an par les parlementaires, qui n’ont jamais perdu de vue « la mission assignée par les Français ».

En effet, cette année a été marquée par diverses avancées obtenues pour les Français :

  • l’investissement est reparti,
  • l’école a retrouvé sa place,
  • l’état d’urgence a été levé tout en renforçant notre arsenal juridique contre le terrorisme,
  • la rémunération du travail a été améliorée,
  • les blocages du marché du travail ont été levés,
  • la SNCF a été sauvée,
  • les finances publiques ont été rétablies pour la première fois depuis plus de dix ans.

Emmanuel MACRON a rappelé  : « Il est mensonger de défendre les salariés si on ne défend pas les entreprises, il est impossible de prétendre distribuer si on ne produit pas assez.  Une politique pour les entreprises, ce n’est pas une politique pour les riches. C’est une politique pour toute la nation, une politique pour l’emploi, une politique pour les services publics (…) pour ceux qui restent en marge »

Le projet français

Il a présenté le « projet français » qui met en cohérence l’année écoulée avec les quatre à venir : une économie forte et une société solidaire vont faire à nouveau de la France une grande puissance.

Le Président a expliqué être pleinement conscient du décalage entre l’ampleur des réformes engagées et les résultats déjà ressentis. Il a dressé le cap des mois et des années à venir :

  • une économie forte grâce à la reprise de l’investissement et grâce au rappel d’une loi très simple : pour qu’il y ait un gâteau à partager, il faut d’abord qu’il y ait un gâteau. Ce gâteau, il est le résultat de l’action des entreprises.
  • un projet de société qui s’attaque aux inégalités de destin car ce sont elles qui sont le plus scandaleuses en France :

« Le modèle français que je veux défendre exige que ce ne soient plus la naissance, la chance ou les réseaux qui commandent la situation sociale, mais les talents, l’effort et le mérite ! »

C’est au nom de ce projet que le président de la République fait de l’éducation « le combat de notre siècle », dans la perspective de pouvoir permettre ensuite l’émancipation par le travail.

La priorité : construire l’Etat-Providence du XXe siècle
  • Plus universel : pour mieux couvrir les risques de chômage de chacun indépendamment de son statut (indépendant, agriculteur, CDD, etc.) ; pour mieux protéger, lors du passage en retraite : il nous faut refonder le régime de retraite  mais cette réforme n’aura pas d’impact pour les retraités actuels et d’ajouter :

« Faire croire que nous voudrions supprimer les pensions de réversion est une rumeur malsaine, visant à faire peur ».

  •  Plus efficace : reste à charge zéro et transformation de l’offre de soins sur le territoire qui sera présentée à l’automne ;
  • Plus protectrice des plus fragiles : à commencer par les enfants, les plus pauvres et les plus âgés :

« Quelle gloire peut-on avoir avec une politique sociale qui a mené un enfant sur cinq à la pauvreté ? »

  • Plus responsabilisant, car la solidarité nationale « implique des droits et des devoirs ».
Poursuivre la restauration de l’ordre républicain
  • Sécurité : augmentation des moyens des forces de l’ordre, réforme de la procédure pénale pour libérer des forces sur le terrain ;
  • Droits et devoirs : le Service national universel sera précisé d’ici la fin de l’année.
  • Refus de laisser quiconque s’éloigner de la République.  Ainsi, le Président donnera à l’automne à l’islam « un cadre et des règles garantissant qu’il s’exercera partout de manière conforme aux lois de la République. Nous le ferons avec les Français dont c’est la confession et avec leurs représentants ».

« La République n’a en effet, aucune raison d’être en difficulté avec l’islam. »

Le Président a annoncé le combat européen à venir, l’année prochaine, concernant la question migratoire :

Jamais la France n’acceptera les solutions de facilité, en déportant des étrangers aux portes de l’Europe. La frontière véritable qui traverse l’Europe est celle aujourd’hui qui sépare les progressistes des nationalistes » a -t-il ajouté.

Il  s’est aussi exprimé sur les attentats qui ont frappé la France depuis son élection et a salué les soldats français qui combattent en opération extérieure mais aussi ceux qui « nous défendent sur notre territoire ». Avant d’ajouter :

« La lutte contre le terrorisme est le travail d’une génération. »

Calendrier des annonces

Puis Emmanuel MACRON a détaillé quelques annonces  :

  • Assurance chômage : Dans les prochains mois : renégociation des règles de l’Assurance chômage par les partenaires sociaux.
  • Solidarités et santé : A l’automne :  présentation d’une transformation en profondeur de notre organisation de soins afin de répondre aux nouveaux risques, aux nouvelles pathologies, aux transformations de notre santé dans une société qui vieillit et où les maladies chroniques sont beaucoup plus nombreuses. Et en  2019 : l’année sera consacrée  à la construction du financement et de l’organisation de la dépendance (« nouveau risque social »). Une loi devrait être votée durant cette année  pour répondre à ces enjeux. 
  • Lutte contre la pauvreté :  en septembre : présentation de la stratégie de lutte contre la pauvreté, pour une mise en œuvre en 2019. Elle sera  construite avec l’ensemble des acteurs, pour proposer une :

« politique d’investissement et d’accompagnement social , un accompagnement réel vers l’activité, le travail, l’effectivité des droits fondamentaux, la santé, le logement, l’éducation ».

  • Retraites : refondation du régime de retraite pour protéger mieux ceux dont les carrières précisément sont hachées, instables, atypiques, bien souvent les carrières des femmes d’ailleurs
  • Action publique : septembre : le Premier ministre présentera les nouvelles décisions permettant de tenir les engagements de baisse de nos dépenses publiques , pour une mise en œuvre à partir de 2019 ainsi que l’ensemble de ses décisions pour la transformation indispensable de l’action publique.

 

 

La Constitution prévoit aujourd’hui trois cas de réunion du Congrès :

- depuis 1958, le Congrès peut être réuni en vue d’une révision de la Constitution. Une des deux procédures d’aboutissement de la révision de la Constitution, prévue au troisième alinéa de l’ article 89, prévoit qu’au lieu de soumettre un projet de révision adopté dans les mêmes termes par l’Assemblée nationale et le Sénat à référendum, le Président de la République peut décider de le soumettre au Parlement réuni en Congrès. Dans ce cas, le projet de révision n’est approuvé que s’il obtient la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. Depuis 1958, sur vingt-quatre révisions constitutionnelles, vingt-et-une ont été approuvées par le Congrès, à l’occasion de seize réunions ;

- depuis 2008, le Congrès peut également être réuni pour entendre une déclaration du Président de la République : la révision du 23 juillet 2008 a inscrit au deuxième alinéa de l’ article 18 de la Constitution la possibilité pour le chef de l’État de « prendre la parole devant le Parlement réuni à cet effet en Congrès. Sa déclaration peut donner lieu, hors sa présence, à un débat qui ne fait l’objet d’aucun vote. » À ce jour, il a été fait application de cette disposition à trois reprises (le 22 juin 2009 par M. Nicolas Sarkozy, le 16 novembre 2015 par M. François Hollande et le 3 juillet 2017 par M. Emmanuel Macron) et, à chaque fois, la déclaration du Président de la République a été suivie d’un débat ;

- enfin, le Congrès peut, également depuis 2008, être réuni pour autoriser l’adhésion d’un État à l’Union européenne ( article 88-5 de la Constitution). Si les projets de loi relatifs aux adhésions sont en principe soumis à référendum, le Parlement peut décider, en votant une motion adoptée en termes identiques par les deux assemblées à la majorité des trois cinquièmes, qu’un projet de cette nature sera soumis au Congrès ; dans ce cas, il doit être voté à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.