« Autisme : changeons la donne ! »

Édouard PHILIP premier Ministre et  Sophie CLUZEL, secrétaire d’Etat aux Personnes Handicapées, ont présenté vendredi 6 avril dernier le 4e plan autisme. Cette présentation clôturait la semaine de sensibilisation à l’autisme, à laquelle je me suis associé en portant le ruban bleu, comme beaucoup de mes collègues Les députés LaREM à l’ Assemblée nationale.

Alors qu’en France, près de 700.000 personnes seraient atteintes d’autisme, dont 100 000 enfants, ce trouble du développement est encore méconnu voire victime de bien d’idées fausses.

En France, près d’un enfant sur cent est diagnostiqué autiste. Il s’agit d’une maladie infantile qui résulte d’un trouble neurologique qui provoque un défaut de transmission entre la réception et le traitement des informations.

Par conséquent, les autistes ont des difficultés pour s’adapter à un environnement social et ne parviennent que très rarement à communiquer avec leur entourage.

Le problème, c’est qu’il existe très peu de structures adaptées en France. Seulement 20 % des enfants autistes sont scolarisés, (Ministère de l’Éducation nationale (France) contre 80% en Suède.
Les premiers signes pour détecter une forme d’autisme sont présents dès l’âge de 18 mois, en étant très attentif.

Des données qu’a rappelé Edouard PHILIPPE, Premier ministre, à l’occasion de la présentation du 4e plan autisme :

« La France a accumulé un retard significatif en matière de repérage, de diagnostic, d’accompagnement et d’inclusion des personnes autistes »

Aussi, le 4e plan autisme, entend « replacer la recherche au cœur de la politique publique ».

Selon Sophie Cluzel secrétaire d’Etat aux Personnes Handicapées : « La recherche en France n’est pas à la hauteur de ce que l’on peut attendre (…) la recherche fondamentale, mais surtout la recherche appliquée dans les méthodes n’est pas à la hauteur ».

« Il faut donc revenir aux fondamentaux qui sont les recommandations de la haute autorité de santé ».

Et de poursuivre :

 » Dans la nouvelle stratégie, nous voulons pouvoir diagnostiquer les adultes qui ont des prises en charge qui ne sont pas adaptées, qui sont dans les hôpitaux psychiatriques où ils n’ont rien à faire ou alors dans des établissements médico-sociaux sans une bonne prise en charge parce non diagnostiqués. « 

Des bancs de l’école à ceux de l’entreprise, du club de sport à la bibliothèque, du centre de loisirs au voyage organisé, il est temps d’accueillir pleinement des  personnes qui aspirent à une vie ordinaire comme tout un chacun. 

Aussi, le budget 2018-2022 consacré à ce 4e plan sera de 344 millions d’euros, presque deux fois plus que le précédent plan. 

Un délégué interministériel à l’autisme sera en charge du suivi des mesures, avec une équipe dédiée et en étroite articulation avec les personnes et les familles.

Ce 4e plan s’articulera autour de 5 engagements qui comprennent 20 mesures, de la toute petite enfance à l’âge adulte. 

  • Remettre la science au cœur de la politique publique de l’autisme en dotant la France d’une recherche d’excellence, pour mieux comprendre les causes de l’autisme et développer des réponses adaptées.

 

  • Intervenir précocement auprès des enfants :

C’est la clef d’un parcours de vie plus autonome par la suite, de l’école à l’emploi. Pour cela, il faut revoir toute l’organisation du système pour assurer une prise en charge extrêmement précoce des enfants. Réduire très fortement le reste à charge pour les familles, en mettant en place dès 2019 un « forfait intervention précoce » permettant de financer le recours aux professionnels non conventionnés par l’Assurance Maladie. Aujourd’hui, chaque année, il reste environ 3 000€ à charge des familles chaque année.

 

  • Rattraper notre retard en matière de scolarisation : l’école maternelle est le premier lieu d’apprentissage, et pourtant seuls 30% des enfants autistes y sont scolarisés, en moyenne moins de deux journées par semaine.

Scolariser en maternelle tous les enfants autistes.Garantir à chaque enfant un parcours scolaire fluide et adapté à ses besoins, de l’école élémentaire au lycée. Former et accompagner dans leur classe les enseignants accueillant des élèves autistes. Garantir l’accès des jeunes qui le souhaitent à l’enseignement supérieur, par la construction d’un parcours scolaire adapté et l’amélioration des accompagnements au sein de l’université.

 

  • Soutenir la pleine citoyenneté des adultes, pour passer à une logique inclusive, en donnant accès à l’emploi, au logement, aux loisirs, à la culture.

Mettre fin aux hospitalisations inadéquates des adultes autistes et renforcer la pertinence des prises en charge sanitaires

Accompagner l’autonomie des adultes en leur proposant un logement adapté

Insérer les personnes en milieu professionnel

Soutenir le pouvoir d’agir des personnes autistes, en favorisant le soutien par les pairs (un groupe d’entraide mutuelle Autisme dans chaque département).

 

  • Soutenir les familles et reconnaître leur expertise, pour leur permettre de vivre comme tout un chacun, pour rompre leur sentiment d’isolement, voire d’abandon.

Développer des solutions de répit pour les familles

Amplifier la formation des aidants, sur l’ensemble du territoire

Reconnaître l’expertise des familles, vis-à-vis des institutions et des professionnels, en créant une instance nationale de pilotage et en associant les familles à la gouvernance de la stratégie nationale, comme à la politique de recherche.