Blockchains et compétences : développer les talents et protéger les professionnels

Jeudi 14 mars, à l’Assemblée nationale, j’ai ouvert le colloque organisé par le think tank #Le plus important, présidé par Mathias DUFOUR, « Blockchains et compétences : développer les talents et protéger les professionnels ». Près de 250 personnes ont participé à cet événement visant à rappeler que toute technologie de rupture comme la Blockchain doit avoir pour corollaire une réflexion ambitieuse pour l’emploi, sa sauvegarde et son processus de création.

Disruptives par nature, les blockchains vont en effet tant à la fois créer de nouvelles activités nécessitant de nouvelles compétences, que remettre en cause des activités existantes.

Il est donc essentiel pour les acteurs économiques mais aussi pour les pouvoirs publics de se donner de la visibilité sur les impacts à court, moyen et long terme des blockchains sur les emplois et les compétences. Il est également primordial de favoriser l’émergence d’un vivier de talents dans notre pays pour  faciliter le plein développement des activités liées aux blockchains. Il faut enfin aussi accompagner la transition voire la reconversion des professionnels dont les activités et les métiers vont être transformés par les blockchains.

Une feuille de route gouvernementale

En rassemblant les meilleurs experts, locaux et internationaux, issus des institutions publiques et en particulier de l’enseignement supérieur, les partenaires sociaux, les acteurs de l’écosystème d’innovation blockchains et les acteurs économiques “classiques”, ce colloque a tenté d’apporter des pistes de réflexion.

Devant une salle Colbert comble,  Mounir MAHJOUBI, secrétaire d’Etat en charge du numérique a introduit les débats (retrouvez ci-dessous l’intégralité de ces annonces en vidéo). Son  intervention, unanimement saluée, a été l’occasion d’annoncer que dans les prochaines semaines une feuille de route gouvernementale sur les blockchains serait présentée. 

Elle expliquera comment le Gouvernement va tenir compte des recommandations du rapport de la mission d’information dont j’étais le co-rapporteur.

Cette feuille de route devrait s’articuler autour de trois thématiques :

▶️le développement des usages, ▶️ la fédération de l’écosystème, et ▶️la question du financement (public et privé) et de la formation. 

En effet, le gouvernement par la loi PACTE tout comme par la loi de finances pour 2019 a déjà donné un premier cadre de régulation pour les crypto-monnaies et à faciliter le droit d’accès au compte bancaire pour les acteurs de la blockchain. Il a aussi clarifié certaines questions de fiscalité.

Pour autant aujourd’hui, il faut maintenant développer les talents car la concurrence est internationale. C’est une question de souveraineté.

L’écosystème doit se fédérer autour de standard de valeur et l’Etat doit l’accompagner. Il faut aussi offrir des formations à tous les niveaux et le plutôt possible.

Pour conclure, Mounir MAHJOUBI a rappelé :

Nous ne sommes qu’au début de l’histoire. A nous de faire de la France, la championne de cette technologie. Je remercie vivement les députés qui ont su s’emparer des questions qui entourent cette technologie. Leur travail est primordial.

 

Pour ma part j’ai souhaité, avant de laisser la place aux tables-rondes, insister sur l’importance de la formation, que ce soit la formation initiale que continue.

J’ai également rappelé combien il était important de travailler à réduire la fracture entre les femmes et les hommes dans le domaine du numérique. Moins de 4% de femmes travaillant dans le secteur de la blockchain aujourd’hui.

Après ces propos introductifs, nous avons laissé la parole aux divers experts réunis à cette occasion autour de trois thématiques.

▶️ Arnaud MISSET – chief digital officer, CACEIS, Pierre PAPERON– Co-fondateur de Solid , Hubert DE VAUPLANE – partner, Kramer Levin  et Ken TIMSIT – managing director, ConsenSys France ont consacré leurs échanges  aux impacts des blockchains sur les emplois et les compétences. Ils sont revenus sur l’exemple d’internet en particulier qui en 2011 avait détruit près de 500 000 emplois pour en créer dans le même temps près de 1,2 million. 

▶️ Puis Daniel AUGOT,  – Chercheur au laboratoire d’informatique de l’Ecole polytechnique (LIX) , Yves POILANE – Directeur, Telecom ParisTech,  Vidal CHRIQUI– Inventeur et CEO de BTU Protocol, intervenant formateur Eureka et Arthur BREITAMN – fondateur Tezos, ont fait le point sur les moyens de  favoriser l’émergence d’un vivier de talents en France pour faciliter le plein développement des activités liées aux blockchains. Ils sont tous revenus sur l’importance de la formation par tous les moyens possibles : initiale, continue, MOOC etc. Ils ont aussi rappelé l’importance « d’apprendre à apprendre » !

▶️ Enfin, Éric LARCHEVEQUE – CEO fondateur de Ledger, président de La Maison du Bitcoin, Nadia FILALI – Directrice des programmes Blockchain, Groupe Caisse des Dépôts et Bénédicte TILLOY – Présidente de l’Institut des métiers, Orange, ont su à travers leurs propres expériences aborder la thématique  de l’accompagnement  de  la transition et de la reconversion des professionnels dont les métiers seront transformés ou menacés.  Ils ont eux aussi expliqué que nous n’étions qu’au tout début de la révolution blockchain. Ils ont rappelé que ce sont encore des métiers que l’on connait très peu. Et que qu’ainsi, il ne fallait  pas brûler les étapes mais plutôt comprendre les atouts de chacun, favoriser la culture générale et favoriser les échanges entre sachants et apprenants.

15 milliards d’euros en 5 ans pour la formation

C’est à Muriel PENICAUD, ministre du travail qu’est revenue la tâche de conclure ce colloque.  Elle a rappelé combien le numérique allait « impacter » l’emploi.

Un emploi sur deux va ainsi subir une transformation. Le secteur de la formation doit donc répondre présent. C’est un enjeu primordial pour les années à venir. L’Etat répondra présent pour accompagner ces changements. D’ores et déjà, la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel apporte des premiers éléments de réponse en matière de formation tout au long de  sa vie.

Le grand plan d’investissement dans les compétences avec une enveloppe inédite de 15 milliards d’euros en 5 ans pour former 1 million de jeunes en partenariat avec les régions est également une réponse à ce défi de la formation dans les métiers du numérique.

Retrouvez l’intervention de Muriel Pénicaud, dans la vidéo ci-dessous.

 

Les recommandations issues des travaux du think tank #Le plus important :