Les nouvelles technologies de sécurité et la cyber-délinquance: cœur de mon déplacement à Las-Vegas et de ma question au Gouvernement

Du 5 au 6 janvier 2022, j’ai participé au Consumer Electronics Show à Las Vegas, rendez-vous annuel des entreprises de la tech organisé par la Consumer Technology Association.

C’est à cet effet, pendant ce déplacement, que j’ai pu accompagner la Fédération française des professionnels de la blockchain (FFPB) afin de mettre en valeur le savoir-faire de l’écosystème français de la blockchain aux États-Unis.

Innovation importante, les entreprises françaises développant des solutions reposant sur la blockchain ont été pour la première fois représentées au Consumer Electronics Show.

On retrouve par exemple :

👉 Discuss&Care, plateforme collaborative pour la santé mentale

👉Digital Vote, système de vote digital sécurisé et respectueux des données personnelles à partir d’algorithmes et d’infrastructures uniques grâce à la Blockchain ;

👉Airxôme, fabricant de masques de protection certifiés détruisant bactéries et virus ;

👉BeFC, créateur de batteries durables respectueuses de l’environnement.

👉Abys Medical, plateforme numérique facilitant la prise en charge chirurgicale.

♦️Beaucoup d’autres étaient présentes, comme SUEZ, Tessi, Exaion, Iznes, dans une belle représentation française au nombre de 140 firmes !

Cet événement leur aura permis de prendre contact avec de nombreux investisseurs internationaux mais aussi avec de nouveaux clients. Elles ont ainsi pu valoriser en exclusivité leurs produits et benchmarker les solutions de leurs concurrents.

Gary Shapiro CEO du CES Las Vegas et Jean-Michel MIS

La présence de la Fédération professionnelle de la blockchain à Las Vegas démontre au niveau international la professionnalisation croissante de l’écosystème français blockchain.

Lors de ce déplacement, j’ai été très heureux de présenter les conclusions de mon rapport sur les technologies de sécurité, rendu au mois de septembre au Premier Ministre, devant le Government Business Executive Forum.

C’est en présence du membre du Parlement britannique Ian Liddell-Grainger et du représentant Américain Darrell Issa, que j’ai pu recommander le renforcement les moyens technologiques des forces de sécurité.

Darrell Issa,membre du Congrès américain, Jean-Michel MIS, Ian Liddell-Grainger, membre du Parlement britannique

Nous savons avec certitude que de nouveaux défis de souveraineté et de technologie nous attendent. Nous devons trouver les clés et moyens d’une coopération stratégique sur les technologies de rupture malgré le Brexit où les tensions survenues entre la France et les États-Unis sur les sous-marins australiens.

Une table ronde qui a montré le fort attachement du CEO du GBEF Donald W.Upson et du CEO Europe, et Conseiller du Commerce Extérieur, Gilbert Réveillon a construire un dialogue multilatéral renforcé entre alliés.

DE NOUVEAUX DEFIS DE SOUVERAINETE ET DE SECURITE : LA CYBER-DELINQUANCE

Les nouvelles technologies de sécurité sont des outils qui peuvent aider l’action des forces de l’ordre, en leur fournissant une aide à la décision et un appui opérationnel dans une société toujours plus complexe. Elles sont également pour la France un enjeu de souveraineté et une opportunité industrielle et économique.

Je crois que l’étroite collaboration que nous pouvons esquisser aujourd’hui entre la France, les États-Unis et le Royaume-Uni autour des technologies de sécurité est indispensable, alors que la France a pris la présidence du Conseil de l’Union européenne le 1er janvier dernier.

Jean-Michel MIS,député de la Loire

Dans un second temps, je me réjouis de la première réunion du Trade and Technology Council qui a eu lieu en octobre 2021 à Pittsburg. Cette nouvelle instance de dialogue entre l’Europe et les États-Unis, doit nous permettre dans un contexte de concurrence accrue au niveau international de coopérer avec nos alliés dans le secteur des nouvelles technologies.

Alors que la cyber-délinquance apparaît de plus en plus comme un fléau important, j’ai donc interrogé, cette semaine, le ministre de l’Intérieur lors des questions au gouvernement sur les moyens mis à la disposition des forces de sécurité pour y lutter efficacement.

Nous constatons, qu’il existe, aujourd’hui, une asymétrie de moyens entre nos forces de sécurité et leurs adversaires dans l’espace numérique. C’est la raison pour laquelle nous devons renforcer leurs moyens dans plusieurs domaines comme l’intelligence artificielle, le traitement des données de masse, les drones et la cryptographie asymétrique.

Je me satisfais que le gouvernement ait repris plusieurs des recommandations formulées dans mon rapport sur l’augmentation nette des moyens technologiques et humains du ministère de l’intérieur :

✅Coopération renforcée avec l’ANSSI

✅Création d’une école de formation du cyber pour les FSI

✅Déploiement de moyens technologiques nouveaux

✅Expérimentation de nouvelles technologies pour les JO

UN ENGAGEMENT MASSIF DU GOUVERNEMENT POUR NOTRE SECURITE COMMUNE

En outre, et pour conclure cette semaine, le président de la République a annoncé lors de son déplacement à Nice la future grande loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur. Elle prévoit une nouvelle hausse historique du budget du ministère de l’Intérieur de plus de 15 milliards d’euros sur cinq ans, ce qui représente un hausse de 25% du budget actuel.

Il a été aussi annoncé le doublement des policiers sur le terrain d’ici 2030 grâce à la suppression de tâches annexes et une réorganisation des services : garde des bâtiments publics, police des audiences ou transfert des détenus.

Ces mesures vont venir compléter les 10.000 postes qui ont déjà été créés sur l’ensemble du quinquennat.

Afin de lutter encore un peu plus contre la cyberdélinquance, seront créés 1.500 postes de cyberpatrouilleurs, ainsi qu’une école de formation dans le cadre d’un plan d’investissement massif d’un milliard d’euros.

Enfin, et au regard des enjeux actuels, sera mis en place l’équivalent d’un « 17 » du numérique pour que chaque citoyen victime puisse signaler en direct une cyberattaque (virus, piratage, etc.). Il sera mis en relation avec un opérateur spécialisé.

Avec comme objectif clair, la protection de chacune et chacun, nous continuerons ainsi de renforcer la sécurité des Français en consolidant la lutte contre les violences intrafamiliales et les violences sexuelles :  d’une part, la présence policière dans les transports en commun sera doublée aux horaires où les agressions sont le plus constatées et, d’autre part, l’amende pour outrage sexiste sera triplée, passant de 100€ à 300€.

🗞 Retrouvez mon interview dans le Progrès de Saint-Etienne sur le Consumer Electronics Show ⤵️

👉 https://www.leprogres.fr/economie/2022/01/04/le-salon-de-las-vegas-est-la-vitrine-mondiale-des-nouvelles-technologies

📜Discours lors du Government Business Executive Forum⤵️

Common connections to cross our troubles World
Mr. Donald W Upson, Founder and President, GBEF,
Ladies and Gentlemen,

I am very happy to be here with you today in Las Vegas to discuss on the impact of technological challenges on our security and to present the French strategy in this area.

The Prime Minister gave me last April a parliamentary mission devoted to new technologies in the field of internal security. This mission aimed to determine with precision the contributions of the technologies which are used by our security forces while proposing to strictly supervise their use. In September, I submitted my conclusions to the Prime Minister and the Minister of the Interior so that they can ensure the security of major sporting events, such as the Olympic Games that France is organizing in Paris in 2024 but also respond to more long term to the structural needs of the security forces.

As you know better than anyone here at GBEF, technologies now offer new opportunities to public actors in the field of security.

On the one hand, security technologies are tools which can help the forces to act, allowing them decision-making support and operational support in a more complex society. Security forces are also facing new threats based on the increasing use of digital technology. There is, therefore, a risk of asymmetry between the means of the forces and those of their adversaries. This is the reason why we must modernize the tools of the forces and their equipment, both to meet their structural needs but also in anticipation of the major sporting events that France will host between 2023 and 2024.

On the other hand, security technologies are for France an issue of sovereignty and an industrial and economic opportunity. We are announcing cutting-edge industrial players in the security sector who provide employment but also export earnings such as IDEMIA for example. Strengthening our industrial base is an issue of technological sovereignty in order to maintain our autonomy in defining our strategic choices. We must support the development of our companies internationally, but also mobilize investment and public procurement more broadly to strengthen the French security sector and, in this regard, the American ecosystem is an example.

Technologies raise major issues for freedoms and raise fears when used for security purposes. The main fears associated with the use of new technologies relate to the protection of privacy and personal data. In particular, the processing of biometric data and the opacity associated with certain technologies, such as the “black box” effect of artificial intelligence algorithms, are the subject of specific concerns. The use of these technologies by the security forces is not insignificant and this is why the use cases must be determined on a case-by-case basis and accompanied by strict guarantees.

In the climate of mistrust that part of the population feels towards the state and the security function entrusted to it, the use of new technologies by the security forces can also be associated with surveillance. massive. This is why I believe that it is essential to include the use of security technologies in a larger pact of confidence between the forces and the population. As far as it is necessary to respond to the structured needs of the security forces by authorizing by examples of automatic exploitation of data made public by users on the Internet to identify abnormal situations of danger. It is also essential to allow the constitution of real data learning sets in order to promote R&D projects in artificial intelligence and algorithmic processing.

Our adversaries, whether they are state powers, paramilitary groups or criminal organizations, do not bother with any rules in the context of their activities, particularly in the area of cybercrime and of course in the context of terrorist actions.

For them no matter the moment, whatever the way, they will be determined to achieve their goal of destabilization in an increasingly uncertain world where mastery of technology is more than ever an issue for the mastery of power.

I brought before the French parliament, as rapporteur, a new law on internal security last October which was adopted. The objective was simple: to modernize the equipment of the security forces and allow them, for example, to capture images by drones but also by on-board cameras. These provisions were adopted by the Assembly on September 23. We will protect our fellow citizens and we will protect our security forces and their best means of carrying out their missions, because with technology we can both make them more efficient and less removed from danger.

Given the concerns that are emerging as to the impact on freedoms, I proposed in my report to the Prime Minister several guarantees that can be used by technologies to build and build a relationship of trust between the forces and the French people.

First of all, the action of the security forces must be guided by several principles: human mastery of technology, technological maturity, sovereign solutions for the most critical uses.

Because we are democracies, it is necessary, like any other sensitive tool, to supervise the use of technologies by the security forces. We are convinced that the action of the security forces must be declared in order to sustainably articulate the requirements with the necessities of public security.

I would like to indicate by concluding my remarks which I believe necessary and indispensable, the close collaboration that we can sketch today between France and the United States and the United Kingdom, even after Brexit, around security technologies, while France took over the Presidency of the Council of the European Union on January 1st.

The first meeting of the Trade and Technology Council took place in October in Pittsburg. This new forum for dialogue between Europe and the United States should allow us in a context of competition to increase international cooperation with our allies in the new technologies sector, despite the tensions that have recently appeared. in the relationship between France and the United States.

We must seize this opportunity in the field of security technologies. On the one hand, Europe, the EU and the US can coordinate to effectively control technology transfers and prevent their misuse. On the other hand, Great Britain, the EU and the United States can converge on a base of common principles in artificial intelligence respectful of humans and fundamental rights. Finally, we confirm our supplies and control our infrastructure reviews. Let's set up cooperation to collectively regain control of our supply chains. In one hand, rediscovering strategic independence, a pledge of our sovereignty.

Ladies and Gentlemen, We represent three great democracies in this rostrum. Make no mistake about it, it is precisely the values we hold that our enemies fight, but make no mistake about it. Democracy is like a plant. You can cover the concrete and kill it, but one day or another it can take 10 years 30 years 50 years or more. But one day a new growth will pierce the concrete because the roots of democracy never die.

Thank you.