Cinq milliards mobilisés pour le financement des entreprises innovantes

A l’occasion du lancement du France Digitale Day, mardi 17 septembre, le président de la République a présenté la stratégie visant à soutenir la croissance des entreprises du numérique. Quelques heures auparavant, avec mes collègues Laure de La Raudière et Pierre Person nous participions à une réunion de travail à l’Elysée sur la création d’une « stable coin » (crypto monnaie ayant un prix fixe) zone euro. Explications.

Parce que la technologie Blockchain comporte des enjeux de souveraineté majeurs pour notre économie, il est indispensable de poursuivre nos travaux sur ces technologies de rupture. Aussi, après les avancées obtenues dans la loi PACTE et plusieurs réunions de travail avec différents acteurs concernés, avec mes collègues Laure de La Raudière et Pierre Person nous avons rencontré mardi, les conseillers en charge des questions numériques du président de la République sur la nécessité de créer une « stable coin » pour la zone euro.

En effet, on ne peut en aucun laisser à un ou des acteurs privés la création et la gestion d’une monnaie concurrente à celle des Etats. On ne peut pas laisser se construire un monde financier où l’euro perdrait un avantage compétitif n’ayant pas de représentation de contrepartie directement dans une blockchain.

Le maintien de la France et de l’Europe dans la compétition numérique mondiale passe indiscutablement par la création d’un « stablecoin ».

Il passe aussi par un effort sans précédent en faveur des entreprises du numérique.

C’est ce qu’a d’ailleurs rappelé mardi le président de la République à l’occasion de la présentation de la stratégie visant à soutenir la croissance des entreprises du numérique.

Notre ambition pour la technologie doit être simple : être de ceux qui comptent vraiment. Les chiffres montrent que nous sommes en train d’y arriver. Emmanuel Macron, Président de la République.

L’enjeu est simple : créer les emplois de demain, promouvoir notre modèle de société. Aux États-Unis, ce sont plus d’1/3 des emplois qui sont créés dans le numérique. Il doit en être de même en France et en Europe. En France, la Direction générale des entreprises estime que les startups créeront 25 000 emplois directs dans les 12 prochains mois .

Le Gouvernement s’est donc fixé comme objectif de dépasser le nombre de 20 licornes 🦄d’ici 2025 afin de s’imposer à l’échelle internationale.

La France est une terre d’entrepreneurs, d’inventeurs, notamment dans les start-up. Soyons-en fiers ! Emmanuel Macron, Président de la République.

Une volonté partagée par les entrepreneurs, qui désormais pensent que c’est possible.

Déjà aujourd’hui, l’ascension rapide et continue de la French Tech a fait de la France l’un des principaux écosystèmes technologiques au monde : les montants levés par les start-ups ont été multipliés par 4 en 5 ans pour atteindre 3,6 Md€ en 2018, et a priori plus de 5 Md€ en 2019.

Cependant, bien que devant l’Allemagne, la France reste encore derrière le Royaume-Uni. L’Union européenne elle-même souffre d’un retard par rapport aux écosystèmes américains et chinois. Si elle compte pour près d’un quart du PIB mondial, l’Union européenne ne représente que 10% des indicateurs de technologie émergente (100 plus grandes entreprises technologiques cotées, nombre de licornes, montants levés par les start-ups).

Des leviers peuvent donc encore être débloqués pour faire de la France un leader technologique. La stratégie du Gouvernement s’est inspirée du rapport Tibi, remis en juillet dernier au Ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, et au Secrétaire d’Etat chargé du numérique, Cédric O.

Cette stratégie s’articule autour de trois points :

1 – Renforcer les financements pour la French Tech : 5 milliards d’euros seront alloués par les principaux investisseurs institutionnels français au financement des entreprises innovantes sur les 3 prochaines années.

Nous avons mobilisé les investisseurs institutionnels français. Conscients de l’enjeu et de leur responsabilité historique, ils se sont engagés. Emmanuel Macron, Président de la République.

2 – Faire de l’Etat un partenaire de la croissance des start-ups : le Gouvernement lance aujourd’hui un programme d’accompagnement public sur mesure pour les futurs champions de la French Tech : le French Tech 120 (FT120).

L’État doit aider les start-up à croître en levant les freins réglementaires et administratifs à leur développement. La loi PACTE, promulguée au printemps a été co-construite pendant plusieurs mois avec des entrepreneurs. Emmanuel Macron, Président de la République

  • Dans le cadre de ce programme, de nombreux services publics et administrations proposeront à 120 start-ups françaises en hyper-croissance des offres de services adaptés à leurs spécificités. Un vaste réseau de correspondants « start-ups » sera déployé au sein de l’Etat pour répondre aux demandes spécifiques des start-ups.
  • Pour leur donner de la visibilité à l’international, 40 des sociétés françaises les plus prometteuses ont été sélectionnées (sur des critères financiers objectifs) pour former le Next40. Ces champions de demain bénéficieront du programme French Tech 120.

3 – Attirer tous les talents dans les start-ups : l’un des autres enjeux clés des start-ups de la French Tech est de pourvoir à leurs besoins en matière de recrutement, afin d’être en mesure de poursuivre leur forte croissance. En réponse, la stratégie du Gouvernement vise à supprimer plusieurs barrières en attirant des talents plus divers, et de l’étranger. Celle-ci a vocation à être complétée dans le cadre du Pacte productif 2025.

Comme l’a rappelé le président de la République et comme j’ai eu l’occasion d’en débattre à l’occasion de diverses conférences :

La bataille est aussi celle des ressources humaines. Attirer les meilleurs talents n’est pas une option, c’est un prérequis. Pour les « talents digitaux », le mercato est mondial et la mobilité la règle. La France doit devenir leur destination privilégiée.

Nous devons aussi attirer des talents encore trop éloignés de l’écosystème, comme les femmes ou les personnes issues des quartiers prioritaires de la ville et des zones rurales.

Cette ambition numérique saura projeter notre pays pour un avenir au service des biens communs, d’une technologie soucieuse de servir le progrès, l’émancipation, la coopération, la justice sociale.