Décès de Jacques Chirac : une page de l’histoire française se tourne

La France a rendu un dernier hommage, ce lundi 30 septembre, à l’ex-président de la République Jacques Chirac, mort, jeudi, à l’âge de 86 ans. En cette journée de deuil national, je me suis associé, avec l’ensemble des Français, à l’hommage républicain à la mémoire de Jacques Chirac, homme du peuple doué d’un grand sens de l’État.

 

En visite officielle à Saint-Etienne.  (Crédit photo Le Progrès).

Le Président Chirac incarna une certaine idée de la France. Une France dont il a constamment veillé à l’unité, à la cohésion et qu’il a protégée courageusement contre les extrêmes et la haine. Emmanuel Macron

Pour ma part, je n’oublierai pas la rencontre Chirac-Bush du 23 septembre 2003 à New York, au cours de laquelle le président français ne lâche pas une once de ses convictions face à George Bush.

Le dénouement de la guerre en Irak lui donna raison.

Il s’engagea aussi pour mettre un terme aux guerres dans l’ex Yougoslavie, ou en lorsqu’il œuvra pour rétablir la paix et la sécurité au Liban.

Je garde aussi en mémoire son engagement pour le climat.  «Notre maison brûle », ce cri d’alerte qu’il poussa à Johannesburg en 2002 pour inviter les dirigeants à agir pour la protection de l’environnement et contre le réchauffement climatique est à jamais dans nos mémoires.

Libre, épris de notre terre, pétri de notre histoire et amoureux taiseux de notre culture, (…) Jacques Chirac fit tant pour notre Nation, nos valeurs, la fraternité et la tolérance. Emmanuel Macron

Plus de 17 ans à l’Assemblée nationale (Sources Assemblée nationale)

A cours d’une carrière politique particulièrement riche, Jacques Chirac aura passé un peu plus de dix-sept ans à l’Assemblée nationale, contre un peu plus de onze au Gouvernement et douze à l’Elysée.

En mars 1967, à 34 ans, Jacques Chirac fait son entrée à l’Assemblée nationale à l’occasion des élections législatives. Il est élu dans la 3e circonscription de la Corrèze à l’issue d’une campagne particulièrement dynamique, dans une circonscription alors réputée difficile pour la majorité, et où il sera réélu sans difficulté jusqu’aux élections de mars 1993.

Longtemps, il n’y siège cependant pas : il est au Gouvernement dès 1967, d’abord comme secrétaire d’État, aux affaires sociales puis à l’économie, avant d’être nommé ministre délégué aux relations avec le Parlement en 1971, ministre de l’agriculture en 1972, puis ministre de l’intérieur en 1973. En 1974, il devient Premier ministre.

Crédit photo Assemble nationale

Ce n’est qu’après son départ de Matignon, en août 1976, que Jacques Chirac va siéger à l’Assemblée nationale, comme parlementaire. Il y présente sa conception de l’Europe en juin 1977, en s’opposant au projet de loi sur l’élection des représentants à l’assemblée des Communautés européennes au suffrage universel direct. Lors de la législature suivante, en octobre 1979, il intervient sur une tonalité critique dans la discussion du projet de loi de finances pour 1980.

En 1981, après son échec à l’élection présidentielle, au premier tour, Jacques Chirac est aisément réélu dans sa circonscription, dès le premier tour. Il s’affirme comme le chef de l’opposition au Parlement, intervenant rarement et uniquement sur des points majeurs de l’ordre du jour tels que projet de loi de finances, déclaration de politique générale. En 1984, il soutient la motion de censure contre le projet de loi « Savary » sur l’éducation fortement contesté dans l’opinion publique.

En 1986, chef du groupe parlementaire le plus nombreux de la majorité, Jacques Chirac est à nouveau appelé à Matignon par le Président de la République, François Mitterrand, dans le cadre de la première cohabitation.

« La France, mes chers compatriotes, je l’aime passionnément. J’ai mis tout mon coeur, toute mon énergie, toute ma force, à son service, à votre service. Servir la France, servir la paix, c’est l’engagement de toute ma vie. » déclaration télévisée de Jacques Chirac, le 11 mars 2007.

Après son échec à l’élection présidentielle de 1988, Jacques Chirac retrouve l’Assemblée nationale, réélu dès le premier tour en Corrèze. Il reprend le rôle de chef du premier groupe de l’opposition, intervenant sur les questions essentielles qui engagent le pays, la construction européenne, l’avenir des activités agricoles, et affirmant sa vision internationale, en janvier puis en mars 1991, à l’occasion des deux déclarations du Gouvernement sur la politique au Moyen-Orient, soutenant la participation de la France à l’intervention internationale destinée à libérer le Koweït envahi par l’Irak.

En 1993, Jacques Chirac, qui vient de jouer un rôle décisif dans la campagne des législatives, est réélu député, dès le premier tour, mais se tient en réserve et reste parlementaire. C’est Édouard Balladur qui devient Premier ministre.

Son unique intervention en séance publique, le 15 décembre 1993, est sur la déclaration de politique générale du Premier ministre, lequel reçoit notamment le soutien du groupe RPR.

Élu Président de la République en 1995, et réélu en 2002, Jacques Chirac cesse alors d’être parlementaire.