Traitements symptomatiques de la maladie d’Alzheimer : « pas de déremboursement pour le moment »

A l’Assemblée nationale, ce jeudi 22 février au matin, j’ai interrogé dans l’hémicycle, Agnès BUZYN, ministre des solidarités et de la santé, sur la délicate question du « déremboursement » des traitements symptomatiques de la maladie d’Alzheimer. La ministre a confirmé qu’il n’ y aurait « pas de déremboursement pour le moment ». Une bonne nouvelle pour les patients souffrants de la maladie d’Alzheimer.

Avec plus de 850 000 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer en France et 225 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année (selon les chiffres du Plan maladies neurodégénératives 2014-2019), cette maladie touche 5 % des plus de 65 ans. Elle a, par ailleurs, des répercussions familiales et sociales considérables entrainant une détérioration progressive de l’ensemble des fonctions cognitives.

Aussi, si les traitements prescrits dans la maladie d’Alzheimer ont, comme le rappelle la commission de transparence de la Haute Autorité de Santé dans son rapport de 2016, une efficacité modeste, il n’en demeure pas moins qu’ils apportent un mieux à certains patients. Un point qui est loin d’être négligeable !

En outre, le « déremboursement » de ces traitements pourrait être perçu comme un mauvais signal donné à la recherche dans ce domaine alors même que nos voisins européens n’ont pas adopté ce positionnement. Or, la France, par le biais des Centre Hospitalo-universitaires, des équipes de recherches, des startups innovantes et de l’industrie pharmaceutique doit prendre toute sa place dans la recherche de thérapeutiques innovantes.

Le texte de ma question

Je souhaite, madame la ministre des solidarités et de la santé, attirer votre attention sur la délicate question du déremboursement des traitements symptomatiques de la maladie d'Alzheimer.

En France, selon les chiffres du Plan maladies neurodégénératives 2014-2019, plus de 850 000 personnes seraient atteintes de la maladie d'Alzheimer avec une incidence estimée à 225 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année.

La maladie d'Alzheimer a des répercussions familiales et sociales considérables entrainant une détérioration progressive de l'ensemble des fonctions cognitives (mémoire, langage et attention, fonctions visio-spatiales, fonctions exécutives, praxiques).

Si les traitements prescrits dans la maladie d'Alzheimer ont, comme le rappelle la commission de transparence de la Haute Autorité de Santé dans son rapport de 2016, une efficacité modeste, il n'en demeure pas moins qu'ils apportent un mieux à certains patients.

Au regard du principe d'égalité d'accès aux soins, cette mesure de déremboursement ne semble pas être appropriée.

Il n'y a pas si longtemps, le déremboursement des injections d'acide hyaluronique dans l'arthrose du genou, contre l'avis des rhumatologues, a entrainé une dérégulation du marché et donc une inégalité dans l'accès aux soins.

La France, par le biais des Centre Hospitalo-universitaires, des équipes de recherches, des startups innovantes et de l'industrie pharmaceutique doit prendre sa place dans la recherche de thérapeutiques innovantes dites « disease-modifier ».

Le déremboursement des anti-cholinésterasiques et de la mémantine marquerait un coup d'arrêt pour la recherche et enverrait un signal contre-productif aux mêmes chercheurs alors même que nos voisins européens n'ont pas adopté ce positionnement.

Aussi j’aimerai connaitre quel est l’état de réflexion du gouvernement sur cette question du maintien ou non du remboursement des traitements symptomatiques de la maladie d'Alzheimer.