Echanges à ma permanence sur les inquiétudes des salariés du Groupe Casino

Le 18 mars dernier, lors d’un échange à ma permanence, les représentants CFDT des salariés du groupe Casino, m’avaient fait part de leurs inquiétudes quant aux choix stratégiques et aux décisions de la direction de l’entreprise. Après l’annonce, jeudi 23 mai, de la mise en sauvegarde, de la société mère de Casino, Rallye, il est de mon devoir en tant qu’élus de Saint-Etienne d’obtenir des éléments sur la situation du Groupe et de défendre les intérêts économiques de notre territoire.

C’est à l’appui d’un document de travail « Groupe Casino : non à la mort programmée » que les représentants CFDT des salariés du Groupe Casino ont souhaité me faire part de leurs craintes.

D’après leurs analyses, les choix stratégiques de la direction mettraient en péril l’avenir du groupe et plus particulièrement le siège de Saint-Etienne et les 3 000 emplois ligériens.

En effet, pour Guillaume TOUMINET, secrétaire général CFDT services Loire-Haute-Loire, plusieurs éléments tendent à montrer une « stratégie à la dérive » :

▶️Une dette en cascade qui ne serait remboursable que par les seuls résultats de Casino et la vente de murs ou de filiales;

▶️La vente de filiales non stratégiques : Courir, les services de restauration…

▶️La vente des murs de certains magasins ;

▶️La vente d’hypermarchés aux concurrents : Dole, Anglet, Castres, Cholet …

▶️Un certain désengagement dans les services de la logistique : déménagements et ventes de plate-formes…

▶️Des chiffres biaisés ;

▶️Un plan d’économies de 200 millions d’euros d’ici 2020 dont 50 millions sur les  frais de siège.

Par ailleurs, les représentants syndicaux sont inquiets du fait que le groupe compte deux autres sièges sociaux en dehors de Saint-Etienne, sièges de marques rentables et stratégiques du groupe, à savoir C discount en Gironde et Monoprix, Franprix, Leader Prise en Ile de France.

Le marché très concurrentiel en France de la grande distribution demande des réponses stratégiques et de long termes. En effet, le groupe Casino aujourd’hui représente 11,5% des parts de marché des groupes de distribution quand Leclerc représente 21, 2% et Carrefour 20,5%.

Ce échange a été l’occasion de mieux appréhender les inquiétudes des salariés qui se sentent un quelque peu délaissés.

Ces salariés souhaitent en priorité pouvoir dialoguer avec les instances dirigeantes et obtenir des réponses quant à leurs interrogations légitimes devant des décisions qui pourraient apparaître contradictoires. Ils ont surtout besoin d’être rassurés quant à la pérennité de leur emploi.

Aussi en tant que député de Saint-Etienne, mais aussi en tant que Stéphanois, je resterai  vigilant quant à la situation et aux décisions du Groupe Casino. Une vigilance d’autant plus accrue après la mise en sauvegarde, de la société mère de Casino, Rallye.

Avec mes collègues élus de la Loire, il est de notre devoir d’obtenir des éléments objectifs sur la situation du Groupe et de défendre les intérêts économiques de notre territoire.

Il est primordial, dans un marché en pleine mutation, que le groupe Casino adapte sa stratégie. Il ne fait aucun doute que les apports des diverses innovations vont bouleverser l’organisation des grands groupes de la distribution. Le e-commerce va se développer dans tous les secteurs. Mais toutes ses adaptations ne doivent se faire ni au détriment des salariés, ni de l’emploi sur notre territoire.