Gel des matchs de football le 5 mai : « une aspiration mémorielle légitime »

Ce jeudi 13 février au matin, j’ai voté la proposition de loi visant au gel des matchs de football le 5 mai, portée par Michel Castellani et le groupe Liberté et Territoires.  J’ai souhaité être présent dans l’hémicycle pour soutenir cette proposition qui répond à une demande de longue date des victimes et de leurs familles et en mémoire des disparus : interdire la tenue de matchs professionnels tous les 5 mai (et non les seuls samedis). Ainsi, ce jour sera consacré à la mémoire des victimes.

Le 5 mai 1992, lors d’une demi-finale de la Coupe de France de football,  à quelques minutes du coup d’envoi de la rencontre entre l’Olympique de Marseille et le Sporting Club de Bastia, l’effondrement d’une tribune provisoire de 10 000 places – installée dans la précipitation et au mépris des règles de sécurité – causait la mort de 19 personnes ainsi que 2 357 blessés.

Pour que pareil drame ne se reproduise plus, les pouvoirs publics et les clubs de football se sont employés à tirer les enseignements de la catastrophe pour la construction des enceintes sportives et l’accueil des spectateurs. Des enquêtes et procédures judiciaires ont mis à jour des défaillances :  8 personnes ont été condamnées à des peines de prison ferme et d’amendes.

Puis en 2015, le gouvernement reconnaît le caractère national du drame et prévoit, en  lien  avec la  ligue, qu’aucun match  de  foot ne  soit  programmé les  samedis 5  mai. L’engagement fut respecté en 2018, mais l’année suivante, le 5 mai est un dimanche et des matchs sont joués, provoquant de nouveau la colère des familles et supporteurs.

De nombreuses banderoles déployées durant l’année 2019 interpellent les instances sportives dans de nombreux stades : le sanctuarisation de cette date dans le calendrier sportif français est demandée. Cette demande dépasse le cercle d’associations représentatives des victimes. Avec mes collègues députés, aujourd’hui, nous y avons répondu.

C’est la volonté de répondre à cette aspiration mémorielle légitime – autant que le souci de la parole et des engagements de l’État – qui motive la présente proposition de loi. Michel Castellani

DES valeurs

Soutenue par le Groupe officiel de Supporters de l’ASSE, cette proposition de loi prévoit donc de modifier le code du sport pour « qu’aucune rencontre ou manifestation sportive » de Ligue 1, de Ligue 2, de Coupe de France et du Trophée des Champions ne soit jouée le 5 mai.

Pour ma part, j’ai co-signé l’amendement de mon collègue Stéphane Testé, qui a été adopté en séance, pour que au-delà du sport professionnel, le monde amateur rende hommage aux victimes de la catastrophe de Furiani en observant une minute de silence lors des rencontres ou manifestations sportives disputées le 5 mai entre clubs amateurs y compris dans les catégories de jeunes.

Il est en effet essentiel que dans les clubs amateurs dans lesquels évoluent nos enfants, comme dans les clubs professionnels, le devoir de mémoire, l’éthique, le respect citoyen, le vivre ensemble prennent toute leur place.