Grève : « la majorité a deux objectifs : écouter et tenir le cap »

J’étais l’invité ce vendredi 23 mars au matin du journal de France Bleu Saint-Etienne Loire suite à la journée de grève d’hier, à l’appel des organisations syndicales représentatives de la fonction publique et de la SNCF.

Cette journée d’action a donc mobilisé la fonction publique d’une part, et les cheminots de la SNCF d’autre part sur le projet de la réforme ferroviaire.

A propos de la réforme de la fonction publique, avec le gouvernement nous avons deux objectifs :  l’écoute car c’est notre méthode. Et moderniser et rénover le cadre d’emploi des fonctionnaires afin de de disposer d’une action publique plus efficace.

En effet, la réforme de la fonction publique, c’est une réforme qui s’adresse à tous les Français, en tant qu’usagers et contribuables. Nous souhaitons ouvrir une vraie réflexion sur le périmètre des missions, l’évolution indispensable des métiers et la qualité des services publics.

Nous faisons aussi cette réforme pour les agents eux-mêmes : certains de leurs métiers sont amenés à être radicalement transformés, voire à disparaître, et il est nécessaire d’accompagner ces transformations. Beaucoup aspirent à être reconnus et rémunérés à la hauteur de leur engagement.

Ces évolutions ne signifient pas la fin du service public. Au contraire nous voulons redonner tout son sens à l’action publique avec des agents mieux formés, mieux accompagnés dans leur carrière et au service de politiques publiques véritablement efficaces sur nos territoires.

Les discussions viennent tout juste de s’engager. Nous prenons le temps de la concertation. Cette réforme très ambitieuse aborde des sujets importants, avec un objectif de présentation du projet de loi au premier semestre 2019.

 

« Le travail des fonctionnaires est reconnu : c’est la première fois qu’un gouvernement prend autant de temps pour l’ouverture d’une réforme de la fonction publique. Nous avons un an devant nous. » a rappelé Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Action et des Comptes Publics. 

Quatre chantiers prioritaires ont été lancés :

1. Pour un dialogue social plus fluide et recentré sur les enjeux les plus importants : il existe aujourd’hui 22 000 instances de dialogue social dans la fonction publique, il faut donc instaurer davantage de souplesse, d’efficacité et ne plus faire remonter toutes les décisions au niveau central. Cette réforme se fera au bénéfice des agents qui attendent parfois des mois avant de pouvoir faire une mobilité ou d’être promus.

2. Pour un élargissement du recours au contrat, qui donnera davantage de souplesse dans les recrutements. Il ne s’agit pas de mettre fin au statut de fonctionnaire, mais d’encourager d’autres voies d’accès à l’emploi public lorsque le recrutement sous statut n’apparaît pas utile ou pertinent. Ce recours au contrat permettra par exemple de recruter des profils rares que l’administration peine aujourd’hui à recruter (par exemple, en matière numérique).

3. Pour une rémunération plus individualisée avec davantage de mécanismes d’intéressement au niveau collectif comme individuel.

4. Pour un accompagnement renforcé en matière d’évolution de carrière pour favoriser les mobilités au sein de la fonction publique et entre secteurs public et privé.

Pour rappel :

Il n’y a pas de perte de pouvoir d’achat pour les fonctionnaires. Il y aura au contraire une hausse de la rémunération moyenne des fonctionnaires en 2018 (de l’ordre de 2 % pour les fonctionnaires d’Etat, après une hausse de 4 % en 2017).

Le protocole PPCR (parcours professionnels, carrières et rémunérations) qui a été négocié par le précédent gouvernement, sans être financé, coûtera 11 Mds € dont 82 % laissés à la charge du gouvernement actuel. Si nous avons décalé d’un an sa mise en oeuvre, ce n’est pas pour le remettre en cause, mais tout simplement pour le rendre soutenable du point de vue de nos finances publiques.

L’augmentation de la CSG sera compensée à l’euro près pour les agents publics.

La réinstauration du jour de carence permet de lutter contre le micro-absentéisme qui pénalise en premier lieu les agents. On ne peut pas nier son efficacité. Sur la période 2012-2014 pendant laquelle existait le jour de carence dans la fonction publique, les absences de 2 jours dans la fonction publique d’Etat avaient été réduites de moitié (selon l’INSEE).

Enfin , concernant les retraites : l’esprit de la réforme voulue par le Président de la République, et qui interviendra en 2019, n’est pas d’appliquer les règles du régime général à la fonction publique, mais de mettre en place un nouveau système universel de retraite dans lequel 1€ cotisé donnera le même droit à pension pour tous.

Sur la réforme de la SNCF, le temps est actuellement à la concertation avec les syndicats, menée par la ministre des Transports, Elisabeth Borne. Il faut, en effet, bien distinguer ce qui relève des discussions du secteur ferroviaire et celles qui relèvent de la fonction publique.

 « On va écouter et entendre les messages qui sont portés aujourd’hui par celles et ceux qui ont des inquiétudes, et c’est à ces inquiétudes que l’on va répondre.» a rappelé à juste titre Olivier Dussopt sur  Radio Classique, hier.

 

Le Gouvernement reste pour autant extrêmement déterminé à conduire les transformations dont le pays a besoin