Groupe d’amitié France-Moldavie : mes premières auditions

Dans le cadre de mon travail parlementaire, j’ai eu le plaisir d’être nommé Président du groupe d’amitié France-Moldavie. C’est dans le cadre de ces fonctions que j’ai accueilli, mercredi 13 décembre, à l’Assemblée Nationale, Mme Daniela Morari, secrétaire d’État chargée des affaires européennes de la République de Moldavie. 

Malgré sa taille modeste, la Moldavie occupe, en Europe, une position géo-stratégique. Ses relations avec la Russie sont en effet, complexes, en raison du poids historique, culturel et économique de la Russie et de l’influence qu’elle exerce en Moldavie, notamment au travers du conflit transnistrien. Sa proximité géographique, historique, linguistique et culturelle avec la Roumanie, mais aussi avec l’Ukraine, tout comme leur volonté commune de se rapprocher de l’Union Européenne renforcent également à cette position géo-stratégique. C’est donc pour mieux comprendre ses problématiques que j’ai décidé d’organiser régulièrement des réunions de travail et d’échanges avec des chercheurs et autres experts de la Moldavie.


Aussi, aux côtés de mes collègues députés, membres de ce groupe d’amitié, j’ai accueilli, mercredi 13 décembre à l’Assemblée nationale, pour une audition deux spécialistes reconnus de la Moldavie, Florent PARMENTIER, directeur d’EurAsia Prospective, responsable du Policy Lab de Sciences Po, chercheur 
associé au Centre HEC de géopolitique et M. Nicu POPESCU, analyste sénior à l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne, professeur associé à Sciences Po. Tous deux sont des spécialistes reconnus de la Moldavie, aussi bien pour ce qui relève des questions économiques et sociales du pays que sur le plan géopolitique.

Les échanges ont porté sur les résultats macroéconomiques récents, les rapports de forces politiques à un an des élections législatives, au sein du Parlement d’une part, entre le Présidence de la République et la majorité d’autre part, les nouveaux modes de scrutin, la situation avec la Russie, la situation en Transnistrie, partie orientale du pays, enclavée entre la Moldavie et l’Ukraine.

L’implantation de plusieurs grands groupes français (Orange Moldova, premier opérateur télécom de Moldavie, Lactalis, ou encore la Société Générale, qui a racheté la cinquième banque du pays en 2006) confère également à notre pays une grande visibilité. Plus de 3 000 emplois sont assurés dans des entreprises à capitaux français. Nos échanges commerciaux sont modestes mais nos exportations ont plus que doublé en dix ans, et le nombre d’entreprises françaises prospectant le marché moldave, en particulier depuis la Roumanie, est en constante augmentation, même s’il reste limité.

 


 

J’ai également rencontré Mme Daniela Morari, secrétaire d’État chargée des affaires européennes de la République de Moldavie afin d’aborder divers thèmes et notamment l’Accord d’association UE-Moldavie, assorti d’une zone de libre-échange complète et approfondie. J’ai également abordé la question de la francophonie. En effet, la Moldavie est sans doute le pays du monde où notre langue est la mieux diffusée dans la population. Nous disposons d’ailleurs d’un outil important de diffusion de l’influence linguistique et culturelle avec l’Alliance française. Cette institution précieuse rencontre malheureusement des difficultés pour assurer ses missions. J’ai donc pu informer Mme Daniela Morari, de mon intervention auprès du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères français sur cette question. J’ai également alerté le Ministère de la problématique d’absence de convention fiscale entre la Moldavie et la France.

Madame la Secrétaire d’Etat s’est dit sensible et attachée aux développements des échanges culturels et économiques franco-moldaves.

Elle a souligné l’importance de la coopération entre les pays dans une série de domaines spécifiques, tels que  l’économie numérique, les investissements dans les transports, l’énergie et les projets d’infrastructures.

Enfin, elle a fait part de l’intérêt de son pays pour une coopération économique et culturelle plus poussée entre la France et la Moldavie.

C’est au travers de telles rencontres que nous pouvons mieux comprendre les problématiques importantes pour la Moldavie et ainsi contribuer à concrétiser l’amitié entre nos deux pays.