« Il est temps de sortir la blockchain de son bac à sable ! »

Mercredi 12 décembre, j’ai présenté, les conclusions des travaux de la mission d’information sur les usages de la blockchain, à l’Assemblée nationale, devant les membres des commissions des lois, des affaires économiques et des finances.

Ce rapport est le résultat de 11 mois de travaux, de 40 auditions et déplacements en France et en Suisse. Il est aussi un exemple réussi du travail de concert d’élus de commissions et d’orientations différentes.

En effet, conscients des enjeux que recèle le développement de protocoles informatiques susceptibles de profondément renouveler les missions et la place des tiers de confiance et de la puissance publique, nos travaux ont poursuivi trois objectifs :

  • faire oeuvre de pédagogie, en présentant l’état de la technique et de ses possibles utilisations ;
  • mesurer son impact sur les activités économiques et l’organisation de la vie sociale, y compris pour la vitalité de nos institutions et le bon fonctionnement des services publics ;
  • permettre à la France d’aborder en pleine conscience ce qui pourrait constituer, au même titre qu’internet, l’intelligence artificielle, une nouvelle rupture technologique et sociétale dont il importe que l’Europe saisisse cette fois toutes les virtualités afin d’affirmer un modèle et de préserver la souveraineté de notre pays.

Ainsi, il ressort que si les protocoles fondés sur des blockchains présentent une maturité très inégale, cette technologie représente – et mérite – un investissement sur l’avenir supposant la mobilisation de ressources nationales dans un cadre juridique pertinent.

La technologie permet d’ores et déjà des usages nouveaux, qui ouvrent la perspective d’un possible renouvellement des organisations, des relations économiques et de travail, ainsi que des habitudes de consommation.

Les solutions qu’elle peut proposer sont le fait d’un écosystème aujourd’hui en pleine affirmation et qui se structure autour d’organismes de recherche et de start-up prometteuses.

Il appartient à l’État de donner l’exemple en se saisissant pleinement d’un levier possible de modernisation des administrations et des services publics.

Nous formulons dans notre rapport 20 propositions pour libérer le potentiel de la blockchain. Que ce soit dans le secteur de la santé, de la logistique, de l’assurance,  de la finance, dans l’efficacité et la réduction des délais dans l’administration … cette technologie est essentielle à notre économie et porteuses de nombreux bénéfices pour tous.

Voici près de 25 ans, le rapport Théry contribuait à détourner la France de la révolution internet en fournissant des arguments à ceux qui sous-estimaient les capacités d’évolution d’une technologie alors balbutiante.

Nos travaux doivent contribuer à un débat indispensable sur les moyens nécessaires pour que la France tienne son rang dans les transformations numériques de l’économie. Il en va de sa souveraineté.

C’est pourquoi, mon engagement sur ce sujet reste entier. Je continuerai à œuvrer pour permettre à nos propositions de se concrétiser.

D’ores et déjà, le 14 mars prochain à l’Assemblée nationale, j’organise un colloque sur « Blockchains et compétences : développer les talents, protéger les professionnels »

✍️ Rapport d’information sur les blockchains.

✍️Synthèse du rapport

 

 

 


La presse en parle

🔍 Les Echos du 12 décembre 2018


🔍Le Figaro du 12 décembre 2018


🔍La Tribune, le 12 décembre 2018