« Il nous faut bâtir des territoires de confiance »

En tant que membre du Conseil National du Numérique, vice-président du groupe d’études « Cybersécurité et souveraineté numérique » et membre du groupe d’études « Economie numérique de la donnée, de la connaissance et de l’intelligence artificielle » à l’Assemblée nationale, j’ai participé, mercredi, au colloque « Le numérique au service de la sécurité de vos territoires » à la Préfecture De Paris et d’Île De France.

Ce colloque était organisé par le groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres (GICAT) et avait pour but d’apporter des éléments de réponse à la question hautement d’actualité : comment le numérique peut-il être utilisé au service de la sécurité des territoires ?

Le mois dernier, par exemple, la CNIL – Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés avait, dans un avis, averti la Ville de Saint-Étienne que le dispositif de captation et d’analyse des sons que la mairie souhaitait déployer sur la voie publique était contraire au Règlement européen sur la protection des données (RGPD). Dans ce contexte, il est donc primordial de réussir à allier les nouvelles opportunités que peut nous offrir le numérique et les droits fondamentaux des citoyens.

En effet, le numérique et les nouvelles technologies offrent de belles opportunités pour rendre les territoires plus connectés et plus sûrs. Mais en même temps, ils créent de nouveaux risques à anticiper. Il nous faut donc, comme nous le demande nos concitoyens :

* Continuer à garantir les droits fondamentaux des citoyens (liberté d’aller et venir, non divulgation des données personnelles notamment biométriques sans le consentement éclairé des citoyens).

* Fixer dans le cadre légal les nouveaux enjeux technologiques pour sécuriser les territoires (avant l’été 2019)

* Mieux connaître les technologies afin de les appréhender

* Réinventer des nouveaux outils de dialogues entre les territoires, les entreprises et les populations

* Réinventer une nouvelle « data gouvernance » avec les structures représentatives

* Ouvrir un droit à l’expérimentation : permettre d’expérimenter pour innover sereinement avec les trois acteurs de celle-ci : structure porteuse du projet (métropole, commune), le porteur industriel privé qui amène la technologie et les services de l’Etat.

C’est dans ce sens que je travaillerai d’ailleurs à l’occasion de l’élaboration du futur livre blanc de la sécurité intérieure. Il est impératif en effet d’intégrer dans nos réflexions les enjeux en matière de sécurité du développement de l’ensemble des technologies de rupture