Investir dans les solidarités pour l’émancipation de tous

Le président de la République, Emmanuel MACRON a présenté ce jeudi 13 septembre, la Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté : 8 milliards d’euros pour financer une stratégie ambitieuse, axée sur la prévention et l’accompagnement, avec des mesures concrètes.

Cette stratégie a été mûrie depuis plusieurs mois, et a fait l’objet de nombreuses concertations avec l’ensemble des acteurs (annoncée par le président de la République en octobre 2017, concertation lancée en décembre, avec un Délégué interministériel dédié).

 Le Président a fixé clairement l’ambition de ce plan : « ne plus oublier personne. »  Il ne s’agit pas seulement de contenir la pauvreté par la redistribution, mais bien de transformer notre État-providence, notre système de protection sociale, pour « éradiquer la grande pauvreté » et faire en sorte que la pauvreté « ne se transmette plus par héritage ». Pour atteindre cet objectif, le Président a appelé à la mobilisation nationale. La lutte contre la pauvreté est l’affaire de tous, ce que le Président a illustré en explicitant l’image de la cordée qu’il avait employée il y a un an : « la cordée, c’est la cohésion d’un pays. N’oublier personne, c’est dire aux premiers de cordée : n’oubliez pas les derniers. »

N’oublier personne, c’est d’abord lutter contre le déterminisme social, et pour cela intervenir dès la petite enfance, pour mieux « protéger et garantir les droits fondamentaux des enfants » (30 000 nouvelles places en crèche, tiers-payant pour la garde d’enfant, petits-déjeuners dans les collèges de REP+ ; développement de la tarification sociale dans les cantines).

  N’oublier personne, c’est aussi être plus attentif à la situation des jeunes, qui sont les premiers frappés par la pauvreté (obligation de formation jusqu’à 18 ans ; généralisation de la Garantie jeune ; renforcement de l’aide sociale à l’enfance qui pourra se prolonger jusqu’à 21 ans).

 N’oublier personne, c’est enfin permettre à tous de retrouver le chemin du travail, parce que c’est par l’activité qu’on a une place dans la société et qu’on sort de la pauvreté. Pour cela, le Président a annoncé l’ouverture de deux grands chantiers, en plus des mesures annoncées par la presse ce matin (simplification de l’accès aux prestations sociales, revalorisation de certaines prestations, aides à l’accès aux complémentaires santé). La mise en place d’un « véritable service public de l’insertion », qu’il faut construire avec l’ensemble des acteurs, et dont l’État sera le garant, car il est le seul à pouvoir assurer une protection universelle et égale pour tous, partout sur le territoire. « Nous devons ensemble, les départements, mais au-delà des départements, les communes, les agglomérations, les métropoles les régions qui le voudront, et le gouvernement, trouver la solution la plus intelligente qui permette de créer ce service public de l’insertion. ». La rénovation de notre système de minima sociaux pour en finir avec le « maquis des prestations », le « cauchemar bureaucratique » qui fait que 30 % de ceux qui pourraient bénéficier du RSA n’en font pas la demande. Pour cela, le Président a demandé au Gouvernement de préparer la mise en place du revenu universel d’activité qui fusionnera le plus grand nombre possible de prestations (par exemple RSA, APL, prime d’activité…), de manière à garantir un socle pour tous, et devra être en même temps un vrai tremplin vers le retour à l’emploi.

 Ces deux chantiers vont faire l’objet d’une large concertation avec l’ensemble des parties prenantes (collectivités, associations, personnes en situation de pauvreté…) et devront se concrétiser dans un projet de loi qui sera présenté en 2020.

Au total, il s’agit d’une stratégie très ambitieuse, dotée de moyens importants (8 Mds € mobilisés sur 4 ans).

 « Avec cette nouvelle stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, nous faisons le choix de transformer notre modèle social pour l’adapter aux évolutions du marché du travail et des formes de pauvreté, dans la fidélité aux valeurs profondes qui ont construit notre République sociale » Agnès Buzyn

Cette stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté s’inscrit dans la continuité du projet porté par la président de la République, Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, et dans la suite de l’action menée par le Gouvernement depuis 16 mois. L’investissement dans les solidarités est au cœur du projet de société qui est le nôtre.

Le président de la République l’avait rappelé lors du Congrès : on a laissé s’installer en France des inégalités de destin. « Selon l’endroit où vous êtes né, la famille dans laquelle vous avez grandi, l’école que vous avez fréquentée, votre sort est le plus souvent scellé » (PR, Discours, 10/08/2018). C’est contre ces inégalités de destin, et pour une égalité des chances réelle, que le Gouvernement est déterminé à agir, pour que la pauvreté ne se transmette plus en héritage.

Pour cela, il ne suffit pas de continuer à mener les politiques qui sont mises en place depuis 20 ans, qui sont efficaces pour contenir la pauvreté, mais pas pour renverser les inégalités de destin. Nous avons besoin d’une nouvelle approche, plus ambitieuse, et qui aura les moyens de ses ambitions.

C’est une stratégie d’investissement social: nous ne voulons plus nous contenter d’indemniser la pauvreté, nous voulons aider les gens à en sortir, ou à ne pas y tomber.

La stratégie pauvreté est axée autour de 5 engagements :

Engagement n° 1 : L’égalité des chances dès les premiers pas pour rompre la reproduction de la pauvreté

Engagement n° 2 : Garantir au quotidien les droits fondamentaux des enfants

Engagement n° 3 : Un parcours de formation garanti pour tous les jeunes

Engagement n° 4 : Vers des droits sociaux plus accessibles, plus équitables et plus incitatifs à l’activité

Engagement n° 5 : Investir pour l’accompagnement de tous vers l’emploi.

Les mesures comprises dans la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté :

  • Pour une meilleure garantie des droits fondamentaux des enfants :

-Plus de solutions pour la garde d’enfants – car les lieux de garde sont aussi des lieux de développement de l’enfant :

-Aides aux communes en QPV, pour leur permettre de construire des places en crèche

-Les familles les plus modestes n’auront plus à avancer l’argent pour faire garder leurs enfants : nous créons le tiers payant et la CAF paiera directement les frais de crèche ou d’assistante maternelle.

  • Pour une garantie du droit à l’alimentation :

–  Développement des dispositifs de petits-déjeuners pour tous

-Incitation à mettre en place une tarification sociale à la cantine dans les villes de moins de 10 000 habitants.

  • Pour garantir un parcours de formation à tous les jeunes :

–   Obligation de formation jusqu’à 18 ans, en associant les services de l’Etat et les collectivités, pour qu’aucun jeune ne se retrouve sans emploi, ni formation.

–   Objectif de passer de 100 000 à 500 000 bénéficiaires de la Garantie jeunes (qui permet d’accompagner vers l’emploi des jeunes en grande précarité) d’ici la fin du quinquennat.

–  Mobilisation renforcée de l’Etat pour accompagner les jeunes qui bénéficient de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance), afin qu’ils ne se retrouvent pas sans solution à l’âge de 18 ans.

  • Pour des droits sociaux plus accessibles :

–   Simplification de notre système d’accès aux prestations sociales, aujourd’hui bien trop complexe, et meilleure adaptation des prestations à la situation actuelle des personnes

–  Revalorisation du minimum vieillesse, de l’allocation adulte handicapé et des aides familiales

–  Aide à l’accès aux complémentaires santé pour les personnes les plus en difficulté, retraités pauvres inclus.

  • Pour favoriser le retour à l’emploi :

–  Revalorisation de la prime d’activité (+20€ par mois pour une personne au SMIC dès octobre)

–  Développement massif de l’insertion par l’activité économique (IAE) (+ 100 000 salariés supplémentaires concernés d’ici la fin du quinquennat)

–   Grâce au PIC (Plan d’Investissement dans les Compétences), mobilisation de 240M€ pour améliorer la formation des salariés de l’IAE.

Pour en savoir plus :

→ Dossier de presse relatif à la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté

→ Discours du Président lors de la présentation de la stratégie nationale de prévention de lutte contre la pauvreté