La modernisation de l’administration au coeur de mon déplacement à Lisbonne

Dans le cadre des activités du groupe de travail « Fonction publique » à l’Assemblée nationale et en tant que membre du groupe d’amitié France-Portugal, j’ai accompagné, jeudi 28 février et vendredi 1er mars, Olivier DUSSOPT, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, à Lisbonne, au Portugal. Ce déplacement s’inscrivait dans le cadre des travaux de concertation sur la transformation numérique de la fonction publique.

Depuis les années 2000,  le Portugal a considérablement modernisé son administration publique et a su développer des interfaces informatiques avec les entreprises et les citoyens pour améliorer la compétitivité du pays et réduire le coût de l’administration.

Il a créé un ministère dédié à la Modernisation administrative et développe plusieurs programmes visant à numériser et simplifier l’administration publique.

Selon la Commission européenne, d’ailleurs, le Portugal est le 2e pays de l’Union européenne pour me nombre de services publics accessibles en ligne et le 10e le plus performant en matière de e-gouvernement.

 

Fort de cette expérience, le Portugal a intégré le D9, un groupe de pays de référence dans la transformation numérique de l’administration publique, dont font déjà partie le Royaume-Uni, l’Estonie, Israël, la Nouvelle Zélande, la Corée du Sud, l’Uruguay, le Mexique et le Canada. Il a aussi signé des accords de coopération avec le Maroc et l’Egypte afin de contribuer à la modernisation des administrations de ces deux pays.

Ce déplacement à Lisbonne a donc été l’occasion d’échanges passionnants autour des questions de modernisation et de numérisation de l’administration, mais aussi de partage de visions sur l’essor des technologies blockchain au service de l’administration.

Des thématiques qui sont au coeur de mes travaux parlementaires et notamment du rapport sur la blockchain et les autres technologies de rupture que j’ai présenté en décembre dernier mais aussi des travaux en cours au sein du Conseil national du numérique, où je siège depuis quelques semaines.

 

Lors de ce voyage officiel, nous avons notamment rencontré  Maria de Fátima Fonseca, secrétaire d’État à l’Administration et l’Emploi public,  António Mendonça Mendès, secrétaire d’État aux affaires fiscales du Portugal, Luis Goes Pinheiro, secrétaire d’État à la modernisation administrative, Joao Paulo Saraiva, vice-président de la municipalité de Lisbonne chargé des finances et des ressources humaines.

Poste d’accueil du citoyen, (lieu permettant à tous d’accéder sur un même lieu à l’ensemble de services publics nationaux  et municipaux), carte du citoyen (carte d’identité à puce qui regroupe tous les renseignements utiles à l’administration), portail des finances (site internet de l’administration fiscale), site internet EPortugal (principale interface électronique entre les citoyens, les entreprises et le gouvernement) ou projet Citoyen dès la naissance (possibilité d’enregistrer à la maternité sons enfants sans besoin de se déplacer dans les services de l’administration publique) sont autant d’outils que nous avons pu découvrir.

Nous avons également visité une « boutique de services publics » (loja de cidadão) regroupant 24 services différents.

Le Portugal doit toutefois résoudre un enjeu de taille : la faible formation aux outils numériques d’une population vieillissante. Aussi, la poursuite de la modernisation son administration ne pourra porter ses fruits qu’avec un nécessaire investissement  dans la formation aux outils numériques.

 

 

A savoir : 
La réforme ambitieuse de la fonction publique, présentée le 12 février dernier par Olivier DUSSOPT, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, vise à promouvoir un dialogue social plus efficace ; à développer de nouveaux leviers managériaux ; à simplifier et garantir la transparence et l’équité du cadre de gestion des agents publics ; à favoriser la mobilité et accompagner les transitions professionnelles des agents publics et à renforcer l’égalité professionnelle dans la fonction publique, en premier lieu l’égalité entre les femmes et les hommes en application de l’accord majoritaire du 30 octobre 2018.