L’avenir de la presse dans la France post covid en débat au REF20

A l’occasion de l’université d’été du MEDEF, rebaptisée pour l’occasion Renaissance des Entreprises de France, les 26 et 27 août derniers, à l’Hippodrome Paris- Longchamp, et consacrée  aux enjeux économiques, sociaux et sociétaux de l’après Covid, j’ai accepté de participer à un débat sur la question de l’avenir de la presse écrite. J’étais également présent à l’occasion de l’intervention de Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, qui a notamment pu échanger pendant 45 minutes avec quatre chef d’entreprises.

En effet, déjà en difficulté, le secteur de la presse ne vit pas une période facile avec un ralentissement de l’activité, une distribution perturbée, la fermeture de points de vente et des revenus publicitaires plus rares. Avec Jean-Christophe Boulanger, Président du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne et PDG de Contexte, nous avons ainsi échangé autour de la question  « Avec la numérisation croissante de la société, la crise sanitaire a-t’elle parachevé la disparition du papier ? »

Pour ma part, je suis notamment intervenu sur les questions fiscales et déontologiques dans le domaine de la presse. J’ai également rappelé ô combien il était essentiel, en cette période si particulière, de défendre le pluralisme de l’information et la diffusion d’une presse libre et indépendante à l’ère numérique. C’est une nécessité démocratique.

Une position que j’avais également défendue en juin dernier dans un courrier adressé au Premier ministre,  sur la question cruciale de la mise en place d’un plan de soutien à la presse d’information suite aux conséquences économiques sans précédent de la crise sanitaire liée au Covid-19.

↪️ Mon courrier, co-signé avec une trentaine de mes collègues députés :   https://www.jeanmichelmis.fr/il-est-urgent-daccompagner-et-de-soutenir-la-presse-dinformation-lindispensable-outil-a-lexpression-de-notre-vie-democratique/

 

Plan de relance, souveraineté économique, transition écologique

Cette édition exceptionnelle de la REF20 était placée sous le signe des enjeux économiques, sociaux et sociétaux de l’après Covid.

Aussi les grandes questions autour de la souveraineté économique, de l’urgence de la transition écologique et de la préservation de la biodiversité, des nouveaux modes de consommation, les évolutions du travail, etc. ont été abordées durant ces deux journées.

Alors que Jean Castex, Premier ministre, lors de la première journée revenait sur   les grandes lignes du plan de relance et les mesures de soutien à l’économie : baisse des impôts de production, mobilisation sur l’emploi des jeunes, prolongation de l’activité partielle, Bruno Le Maire intervenait le lendemain à l’occasion d’une table-ronde, animée par Nicolas Beytout, journaliste politique et éditorialiste français.

C’est donc un dialogue franc et  pertinent qui s’est instauré durant 45 minutes entre le ministre et Paola Fabiani, présidente de Wisecom, Romain De Tellier, président de Arc Industries, Cécile Mazaud, présidente de Groupe MAZAUD et de Foncière Logemen et Sofiane Aboubeker, directeur de Arecia.

En avant-propos, Bruno Le Maire s’est fait l’écho des grandes lignes du plan de relance après avoir tenu à adresser un grand « Merci aux entrepreneurs de France, merci aux entreprises de France. Nous n’aurions jamais réussi, jamais, à traverser cette crise d’une violence sans équivalent dans l’histoire moderne française si vous n’aviez pas répondu présent. Ce n’est pas moi qui ai fourni les rayons des grandes surfaces pour éviter qu’il y ait pénurie alimentaire en France, ce sont les grands distributeurs, c’est la grande distribution, c’est les agriculteurs, c’est l’industrie agroalimentaire. Ce n’est pas moi qui ait apporté la trésorerie nécessaire aux PME, aux TPE, aux startups. Moi j’ai apporté une garantie, 300 milliards d’euros, ce n’était pas rien. Mais après tout ce n’était qu’une garantie. Ce sont les banques qui ont apporté le financement nécessaire et jeux saluer le rôle que les banques ont joué pendant cette crise pour continuer à apporter le financement nécessaire aux entreprises. Alors merci à vous, merci à toutes les filières industrielles, merci au système financier qui a tenu bon. »

Pour poursuivre, Bruno Le Maire a rappelé que le plan de relance c’est une philosophie : l’investissement. Le plan de relance c’est la France 2030 :

✅ « C’est une France qui a retrouvé sa compétitivité, c’est une France avec des entreprises qui réussissent parce qu’elles sont exceptionnelles et que nous avons un esprit d’entreprendre en France qui est exceptionnel. C’est une économie décarbonnée qui a accéléré sa transition écologique. »

✅  « C’est une méthode l’intégralité des 100 milliards d’euros seront dans une mission relance que nous piloterons au ministère de l’économie et des finances pour nous assurer que l’argent soit décaissé tout de suite. Et je dis à tous les entrepreneurs du bâtiment, des travaux publics qui vont disposer de plusieurs milliards d’euros pour investir dans la rénovation énergétique, nous ne retiendrons que les projets qui sont d’effet immédiat pour que le premier coup de pioche dès l’année 2021 et que l’activité économique puisse repartir dès l’année 2021. »

Le choix que nous avons fait avec Emmanuel MACRON et avec Jean CASTEX, plutôt que de distribuer l’argent au ministère avec le risque qu’il y ait des dépenses de fonctionnement ou des dépenses qui ne soient pas engagées ou des projets absolument mirifiques mais dont personne ne voit jamais le jour et où il n’y a jamais un seul ouvrier sur le chantier, nous avons décidé de concentrer la gestion au ministère de l’économie et des finances avec une exigence le décaissement le plus rapide possible et l’efficacité pour l’emploi.

Effacer la crise en deux ans ?

Le ministre a ensuite renchérit  » vous n’effacez pas un tsunami en trois semaines. Il faudra deux ans pour redresser l’économie française. Et je vais vous dire ma conviction profonde,  nous sortirons plus forts de cette crise avec une économie plus compétitive, avec plus de technologie, plus d’innovation, avec de nouveaux secteurs industriels. Alors que depuis 30 ans nous vivons sur les mêmes secteurs industriels, nous allons en créer de nouveaux dans l’intelligence artificielle, dans le quantique, dans le transport électrique, dans l’hydrogène. Nous allons ouvrir de nouveaux marchés pour la France et notre économie sera plus compétitive et plus respectueuse de la planète ».

Puis c’est sur la question de l’intégration dans le plan de relance de la baisse des impôts de production que le ministre est intervenu : « Nous avons installé un diagnostic partagé : ces impôts de production sont stupides, inutiles et contribuent à la délocalisation industrielle de notre pays. Et on ne peut pas vouloir faire de la relocalisation industrielle et ne pas toucher à des décisions difficiles que nous avons eues le courage de prendre avec Emmanuel Macron. Nous avons pris deux décisions difficiles. La première, c’est la baisse de la fiscalité sur le capital. Il n’y a pas d’entreprise industrielle sans capital. Vous avez donc besoin de baisser l’impôt sur le capital si vous voulez recréer de la dynamique industrielle dans le pays. Nous l’avons fait en 2017 avec Emmanuel Macron. Et la deuxième décision difficile à prendre, c’était de dire mais n’importe quelle industrie, celle de mon voisin par exemple, elle s’est à peine installée, elle a à peine ouvert ses ateliers, elle a à peine embauché ses ouvriers, elle n’a pas créé un seul produit, une seule tôle, un seul volant, un seul système d’embrayage qu’elle doit déjà payer des impôts alors qu’elle n’a pas fait un euro de bénéfices. C’est ce que j’appelle un impôt stupide. Un impôt c’est fait pour prendre de l’argent quand il a été créé, ce n’est pas fait pour en prendre quand l’argent n’a pas encore été créé. »

Echanges

Lors des échanges avec les chefs d’entreprises, les questions de relocalisation, de compétitivité, de pénurie de main d’oeuvre dans le domaine du bâtiment, de formation, d’enjeux environnementaux,  de transition numérique  et de souveraineté numérique ont été abordés.

↪️ Retrouvez en vidéo l’ensemble des échanges.