« L’égalité entre les femmes et les hommes » : grande cause du quinquennat

A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et du lancement de la grande cause du quinquennat « l’égalité entre les femmes et les hommes », Emmanuel Macron, a appelé à une prise de conscience et une sensibilisation de toute la société.

En effet, en 2016 ce sont 123 femmes qui ont été tuées sous les coups de leur partenaire ou ex-partenaire, ce qui équivaut à une femme tous les trois jours. 225 000 femmes ont déclaré avoir été victime de violences physiques et/ou sexuelles par leur conjoint et/ou ex-conjoint.
Face à cette situation, moins d’une femme sur cinq victimes ont porté plainte. Et par ailleurs, il y a plus de la moitié de ces femmes qui n’ont pas non plus fait de démarche auprès d’acteurs associatifs, d’associations susceptibles de les aider.
S’agissant uniquement des violences sexuelles : sur les 93 000 femmes (entre 18 et 75 ans) qui ont déclaré avoir été victime de viol et/ou de tentative de viol, moins d’une
victime sur 10 a déposé plainte.

Il a ensuite présenté le plan quinquennal, qui sera nourri des remontées de terrain du Tour de France de l’Égalité entre
les femmes et les hommes qui se déroule jusqu’au printemps partout en France.

Ce plan s’articulera autour de 3 piliers :

1/ La prévention et la sensibilisation

– le lancement d’une opération de lutte contre la pornographie au collège :
* par une opération de sensibilisation des parents lors des réunions de rentrée à l’exposition de de leurs enfants à la pornographie et à la détection des signes de cyberharcèlement ;
* par le lancement d’une campagne de communication autour de témoignages d’enfants et d’adolescents victimes de l’exposition à la pornographie ;
* par la mise en place d’une formation pour les enseignants, les personnels sociaux et de santé présents dans les établissements scolaires autour du recueil de la parole et
l’accompagnement des victimes de violences sexistes ou sexuelles.

– le lancement d’une campagne de communication nationale et locale récurrente sur la durée du quinquennat, en relayant cette campagne sur les réseaux sociaux via des Youtubeurs engagés afin de toucher le plus grand nombre de personnes, afin d’informer les victimes sur les démarches à mener, de sensibiliser la société et de responsabiliser les témoins d’actes de sexisme, harcèlement ou violences ;

– le lancement de testing sur les discriminations à l’embauche à l’égard des femmes ;

– le questionnement systématique des femmes par les professionnels de santé (médecine de ville, médecine du travail, hôpital) pour savoir si elles ont été victimes de harcèlement ou de violences ;

– la mise en place d’un grand plan de formation initiale et continue dans le secteur public, dans une logique d’Etat exemplaire :
* module de formation spécifique pour les cadres ;
* module de formation dédié à la prévention et à la détection de la cyberviolence pour les personnels de police et de gendarmerie ;
* formation des professionnels de la petite enfance.
En lien avec le Conseil supérieur de l’audiovisuel et en concertation avec les instances de régulation de la publicité, la mobilisation des acteurs du secteur publicitaire pour lutter contre les stéréotypes sexistes dans la publicité.

2/ L’accompagnement des victimes

– la mise en place du signalement en ligne pour les victimes de violences, harcèlement et discriminations, permettant un échange interactif en direct (24/24 et 7/7) avec une personne
formée ;

– la création, dans les centres hospitaliers, d’unités spécialisées dans la prise en charge globale du psycho-trauma (10 expérimentations à lancer en 2018) et la prise en charge des soins psycho-trauma pour les victimes de violences ;

– le déploiement de dispositifs de recueil des preuves, sans dépôt de plainte, dans les unités médico-judiciaires ;

– la mise en place d’une cellule d’écoute dédiée dans les administrations ainsi que d’un circuit RH permettant d’accompagner les personnels des administrations victimes ;

– la mobilisation de l’inspection du travail autour de la prévention, de l’information et de l’orientation des victimes de discrimination, harcèlement, violences ;

– la mise en place des arrêts à la demande en soirée dans les bus, en lien avec les collectivités territoriales et avec les entreprises de transport ;

– le lancement d’une application numérique pour les victimes de cyber harcèlement ;

– la possibilité de porter plainte dans les différents lieux de prise en charge des victimes (hôpitaux…) ;

3/ La répression des auteurs de violences

– la pénalisation du harcèlement de rue ;

– l’allongement du délai de prescription pour les crimes sexuels commis sur mineurs (de 20 à 30 ans) ;

– la fixation d’un âge de présomption de non consentement à une relation sexuelle (le Président de la République a fait part de sa conviction personnelle : 15 ans)

http://www.elysee.fr/videos/new-video-133/