L’Union interparlementaire (UIP) : 130 ans au service de la démocratie et de la paix

Jeudi 27 juin, au Sénat, puis à l’Assemblée nationale,  avec nos collègues parlementaires britanniques et en présence du secrétaire général de l’UIP, Martin Chungong, nous étions réunis pour célébrer les 130 ans de la fondation de l’UIP à Paris.

À cette occasion, nous avons adopté une déclaration commune afin de réaffirmer notre attachement aux valeurs qui ont inspiré les deux députés français et britannique fondateurs de l’UIP, le 30 juin 1889 et pour appeler l’attention sur les nouveaux combats qui doivent être menés par l’UIP en ce début du XXIe siècle.

Nous avons ensuite auditionné conjointement Martin Chungong, secrétaire général de l’UIP sur la mise en œuvre des résolutions adoptées par l’UIP et la façon dont celle-ci doit répondre aux grands défis de notre temps. Nous avons  exprimé la préoccupation que nous inspirait la tentation, présente aujourd’hui dans le monde, de remettre en question le bien-fondé d’une approche multilatérale des questions internationales.

Pour finir, nous avons été reçus par le Président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand pour un déjeuner à l’Hôtel de Lassay en présence de Martin Chungong et de Son Exc. M. Edward Llewellyn, ambassadeur du Royaume-Uni en France.

Le texte de la déclaration

« Réunis à Paris, au Sénat et à l’Assemblée nationale, pour célébrer les 130 ans de la première réunion de l’Union interparlementaire (UIP) les 29 et 30 juin 1889 à Paris, les groupes français et britannique de l’UIP réaffirment dans la déclaration suivante leur attachement aux valeurs qui ont présidé à la fondation de l’UIP et doivent aujourd’hui continuer d’inspirer son engagement et son action interparlementaire.

L’Union interparlementaire est née en 1889 de la démarche de deux parlementaires, le britannique William Randal Cremer et le français Frédéric Passy, convaincus du rôle que pouvaient jouer les parlementaires en faveur de la promotion de la démocratie et de la paix par le dialogue, considérés comme consubstantiellement liés.

Dans un monde encore marqué par la diplomatie secrète et l’affrontement des blocs (qui demeurent une source de conflits), cette vision novatrice, prônant l’arbitrage, la médiation et le règlement pacifique des différends entre les nations, a jeté les germes des institutions multilatérales comme la Société des Nations et l’Organisation des Nations Unies, fondées avec l’objectif principal d’éviter tout recours à la guerre.

Ces valeurs de démocratie, de respect de la liberté des peuples et d’arbitrage international se sont imposées dans la seconde partie du vingtième siècle, au lendemain de la seconde guerre mondiale et dans le prolongement du mouvement d’émancipation qui a vu des Etats souverains naître sur les décombres des anciens empires, qu’ils fussent coloniaux ou idéologiques. La défense de ces valeurs s’avère plus que jamais nécessaire aujourd’hui, alors que certaines nations préfèrent exercer une forme d’autoritarisme dans leurs affaires intérieures et d’unilatéralisme dans la conduite des relations diplomatiques, au risque de compromettre les droits humains et de menacer la paix mondiale.

C’est pourquoi, les parlementaires britanniques et français, réunis ici à Paris, dans la ville où est née l’UIP, tiennent à réaffirmer leur foi et leur engagement en faveur de ses deux valeurs fondamentales :

  • la démocratie représentative, qui peut prendre diverses formes en fonction des cultures et traditions nationales, mais qui repose sur quelques grands principes fondamentaux : l’organisation d’élections libres, sincères et régulières ; la liberté de pensée et d’expression, en particulier à travers une presse et des médias indépendants ; le libre exercice, par les parlementaires, de leur mandat en les mettant à l’abri des pressions ou des persécutions ; l’existence de contrepouvoirs garantis par l’État de droit ; la sécurité, la dignité et les droits humains des citoyens et des étrangers, sans distinction de race, de religion, d’opinion, de sexe ou d’orientation sexuelle ;
  • la promotion de la paix par la négociation et le dialogue, et la foi dans la conduite d’une diplomatie interparlementaire qui cherche à maintenir des contacts et des canaux de négociation pour œuvrer à la compréhension mutuelle.

Chaque membre de l’UIP respecte le modèle politique et le développement social que se sont choisis, librement et de façon éclairée, les populations. En adhérant à l’UIP, les parlements ont cependant accepté de mettre en œuvre sans réserve, selon leurs procédures, les valeurs universelles de paix et de respect de la personne humaine décrites précédemment.

Aujourd’hui, présents de plain-pied dans le XXIe siècle, nous devons également ajouter aux combats pour la démocratie et la paix :

  • l’égalité entre les femmes et les hommes, qui nécessite de poursuivre et amplifier l’action de l’UIP pour parvenir à une présence paritaire des femmes dans les parlements, en particulier aux postes de responsabilité, et pour la défense des droits des femmes dans tous les aspects de leur vie sociale et personnelle ;
  • la lutte contre le dérèglement climatique et la promotion du développement durable qui constituent dorénavant le troisième axe de l’action vitale de l’UIP en faveur du bien-être de tous les peuples et d’un meilleur avenir pour l’humanité tout entière. »

Pour rappel 

L’Union interparlementaire (UIP), dont je suis secrétaire pour la France, est l’organisation mondiale des parlements nationaux.
Elle oeuvre à la préservation de la paix et à la démocratisation de la vie politique par le dialogue et l’action.
Seule organisation internationale qui réunisse les parlements nationaux du monde, l’UIP sert la démocratie et la paix.

Avec des effectifs toujours renouvelés d’environ
45 000 parlementaires, représentant les citoyens du monde entier, l’UIP prend en permanence le pouls de la démocratie.
L’UIP est un organisme indépendant et autonome, essentiellement financé par ses Membres.

Elle compte actuellement 178 parlements nationaux et 12 Membres associés, qui sont des organisations parlementaires régionales.

 

 

La Déclaration