Mobilisation en faveur des quartiers : des mesures concrètes et efficaces pour faire République

Parce que la lutte contre l’assignation à résidence et l’amélioration du quotidien des habitants de nos quartiers sont nos priorités, j’étais aux côtés d’Emmanuel MACRON, président de la République, ce mardi 22 mai, à l’Elysée à l’occasion de la mobilisation en faveur des quartiers. Loin des grands dispositifs habituels et des annonces sans effet, des mesures simples et efficaces pour que le visage et le quotidien de nos quartiers changent.

 

Les simples mesures de rénovation urbaine ne peuvent pas répondre aux exigences des changements nécessaires dans nos quartiers.  La politique de la ville menée depuis des décennies a globalement été un échec ; aujourd’hui, ces quartiers  concentrent les difficultés : chômage 2,5 fois supérieur à la moyenne, échec scolaire, pauvreté, délinquance, radicalisation…

L’enjeu n’est pas uniquement budgétaire, il est aussi de mobilisation et d’efficacité. A nous tous, élus, acteurs économiques et associatifs, mais aussi habitants de ces quartiers de travailler ensemble à la construction d’un avenir meilleur.

Aussi, c’est sur une méthode et une philosophie que nous nous engageons, non sur un énième plan banlieue, un système arrivé à son terme. Nous allons construire une politique pour refaire République : les mêmes droits pour tous mais des droits réels. Les quartiers les plus urbains comme les plus ruraux ont, en effet, des problématiques similaires.

Ainsi, tout comme Jean Louis BORLOO, auteur du rapport sur les banlieues, je me réjouis des mesures annoncées, dont certaines figuraient dans le rapport BORLOO par le président de la République et notamment en matière de sécurité : avec le recrutement de 1.300 policiers dans 60 quartiers d’ici 2020, un plan de lutte contre les trafics, l’appel à la vigilance de chacun, le déploiement de la police de sécurité et du quotidien.

Mais aussi d’accès au savoir : école obligatoire dès l’âge de 3 ans, dédoublement des classes de CP, renforcement de l’encadrement en maternelle, création de places en crèche, bourse aux stages pour les élèves de troisième, police de sécurité du quotidien, lutte contre les trafics.  Ou bien encore d’accès à l’emploi, avec un appel aux grandes entreprises pour qu’elles prennent leurs responsabilités en matière de lutte contre le chômage.

En matière de rénovation urbaine, avec des opérations cœur de quartiers sur des cibles identifiées. Et enfin en matière d’équité territoriale avec la création d’une agence nationale de cohésions des territoires, un opérateur de rattrapage qui permette, dans les quartiers comme en zones rurales de mobiliser les financements publics et tous les acteurs. Il faut une politique de droit réel, d’effectivité des droits dans tous les lieux de vie de la République.

 


Retour sur les mesures annoncées :

Le président de la République a tout d’abord annoncé  trois changements indispensables :

  • Un changement de de vision : la politique de la ville doit être un retour des politiques de droit commun et non une politique à part, « une politique d’émancipation et de dignité ».
  • Un changement de méthode : mobiliser tous les acteurs autour de projets locaux au lieu de réinventer de grands dispositifs qui viennent d’en haut.
  • Un changement de rythme : prendre des engagements concrets et vérifier les avancées régulièrement au lieu de lancer un grand plan et de dresser le bilan 3 ans plus tard.

Puis il s’est engagé sur de nouvelles actions, articulées autour de 3 priorités :

  •  Garantir les mêmes droits à tous :

– Sécurité et justice : 13 00 agents de plus déployés d’ici 2020 ; meilleure coopération avec la police municipale;  échanges entre les préfets et les maires sur le fichier FSPRT pour mieux lutter contre le terrorisme ; plan de mobilisation contre le trafic de drogue.

– Logement et aménagement : refonte de l’ANRU ; lancement de l’opération « Cœur de quartier » en juillet ; nouvelle politique de peuplement pour « arrêter de mettre les populations de primo-arrivants dans les quartiers déjà sensibles ».

– Equité territoriale : instance de recours « dans laquelle le Parlement peut avoir un rôle important » qui conduira des débats d’évaluation de l’équité territoriale.

– Equipement : opérateur de rééquilibrage mobilisant financements publics et privés.

  • Favoriser l’émancipation par l’éducation, la formation et l’emploi :

– Education : favoriser la construction de crèches avec 1 000€/place financés par l’Etat dans les quartiers ; 2 adultes/classe en maternelle avec accompagnement des communes par l’Etat pour recruter les ATSEM ; pour les stages de 3 ème, bourses des stages à la rentrée 2018 avec 30 000 stages proposés (15 000 entreprises /15 000 Etat) ; visibilité financière donnée aux associations sportives et culturelles sur le quinquennat ; quotas de boursiers dans Parcoursup ; tutorat généralisé dans les grandes écoles qui rémunèrent leurs élèves.

– Emploi / formation : ouverture de « prépas apprentissage » dans tous les CFA et lycées professionnels volontaires des quartiers à la rentrée 2018 ; développement des CFA ; généralisation des emplois francs et de l’expérimentation « territoire zéro chômeur de longue durée » ; mobilisation des acteurs privés : une réunion du SBF 120 à l’Elysée en juillet.

  • Faire République :

– Lutte contre le racisme et l’antisémitisme, notamment à travers la formation des maîtres, qui sont parfois démunis face à des discours racistes ou antisémites.

– Lutte contre les discriminations. généralisation du testing ; mobilisation générale de tous les partenaires sociaux à l’automne.

– Egalité hommes/femmes. Instauration d’un référents égalité dans les écoles ; refonte de l’éducation à la sexualité.

– Lutte contre la radicalisation : nomination d’un coordinateur de la stratégie nommé dans les prochains jours.

Ces engagements feront l’objet d’un suivi régulier, avec des rendez-vous tous les 2 mois, qui se tiendront également pour les engagements pris pour les territoires ruraux.

Ils ne pourront être mis en œuvre qu’à travers une mobilisation générale : des  Collectivités territoriales : communes, métropoles, agglomérations, départements, régions ; des associations, à qui il sera donné une plus grande visibilité en matière de financement, avec la fin des appels à projet au profit de financements plus pérennes, et qui seront pour certaines accélérées dans le cadre de French Impact (déjà 20 projets accompagnés) ; des citoyens : création d’une plateforme participative en juillet pour faire remonter les problèmes et les idées, et assurer la transparence de l’action publique.