Mon déplacement officiel avec le groupe d’amitié France-Moldavie

Dans le cadre d’une délégation du groupe d’amitié France-Moldavie de l’Assemblée Nationale que j’ai eue l’honneur de conduire,  je me suis rendu en Moldavie du 21 au 28 septembre 2019, suite à l’invitation de la Présidente du Parlement moldave, Zinaida Greceanii.

Cette mission s’inscrit dans la continuité du dialogue régulier entre nos deux assemblées parlementaires et fait suite au récent voyage diplomatique de notre Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Amélie de Montchalin.

Cette délégation était constituée de :

  • Carole Bureau-Bonnard, vice-présidente de l’Assemblée nationale et présidente de la délégation du Bureau de l’Assemblée nationale chargé des activités internationales
  • 4 vice-présidents du groupe d’amitié :
  • Frédéric Reiss
  • Jérôme Lambert
  • Michel Larive
  • Michel Delpon

J’ai tenu à ce que notre délégation soit pluraliste : elle est composée de 3 députés du groupe La République en marche, dont je fais partie, ainsi que de 3 députés d’opposition, de droite et de gauche, qui représentent respectivement le groupe Les Républicains, le groupe Socialiste et le groupe La France insoumise. Je considère que la diplomatie parlementaire doit s’inscrire non pas à côté de la diplomatie gouvernementale ou en opposition contre elle, mais en phase avec elle et en complément vis-à-vis d’elle.

Cette mission est intervenue à un moment important dans les relations de la France avec la Russie. Elle s’est tenue un mois après la rencontre de notre Président Emmanuel Macron avec son homologue russe Vladimir Poutine à Brégançon.

Dès notre arrivée, nous avons été reçus par Son Excellence Monsieur Pascal Le Deunff, ambassadeur de France à Chisinau depuis 2017, pour un point sur  la situation politique et économique.

Au cours de ce séjour, nous nous sommes entretenus avec de nombreuses personnalités politiques de premier plan en Moldavie appartenant à différentes sensibilités politiques de la majorité et de l’opposition notamment:

 

-Madame Zinaida Greceanii, Présidente du Parlement moldave

-Monsieur Iurie RENITA, Président de la Commission de la politique étrangère et de l’intégration européenne et les membres de la Commission

-Monsieur Mihail Popusoi, Vice-Président du Parlement

-Monsieur Dinu Todorescu, Secrétaire d’Etat du Ministère des Affaires Étrangères et de l’Intégration Européenne

– Monsieur Corneliu Popovici, Conseiller du Président de la République de Moldavie

-Monsieur Peter Michalko, Ambassadeur, Chef de la Délégation de l’Union Européenne auprès de la République de Moldavie

Lors de ces réunions, nous avons abordé les points suivants :

l’approfondissement des relations entre la Moldavie et l’Union européenne, à travers notamment la poursuite de la mise en œuvre de l’accord d’association UE-Moldavie,

– l’aide financière européenne, conditionnée à des efforts importants en matière de lutte contre la corruption et de dépolitisation de l’appareil judiciaire,

– les avancées à obtenir en vue de résoudre la question transnistrienne, ce qui passe par un dialogue « lucide et exigeant » – formule du Président Macron – entretenu par la France et l’Union européenne avec la Fédération de Russie, dans le cadre duquel la Moldavie, compte tenu de son histoire et de sa géographie, pourrait jouer un rôle central,

– la nécessité de développer les échanges commerciaux bilatéraux,

– la pratique du français dans la société, les écoles et les universités moldaves, et la place de la Moldavie dans l’Organisation internationale de la francophonie,

– la coopération décentralisée entre les collectivités territoriales françaises et moldaves, notamment dans une optique d’aide au développement et à la modernisation,

– la contribution de la Moldavie aux objectifs de l’accord de Paris sur le climat, priorité diplomatique du mandat du Président Emmanuel Macron,

– la consolidation de la diplomatie parlementaire moldo-française,

-le ferme soutien de la France à la mise en œuvre du programme de réformes en République de Moldavie,

-l’absence de convention fiscale entre la France et la Moldavie,

-l’intensification de la coopération entre le commerce et l’économie,

J’ai en outre eu l’occasion d’encourager les autorités moldaves à suivre les pas de la France notamment en matière de la lutte contre la violence à l’égard des femmes et de la violence domestique en ratifiant la Convention d’Istanbul.

J’ai également souligné la volonté de la France de renforcer les relations avec la Moldavie en identifiant de nouveaux éléments de coopération afin de renforcer la relations bilatérales. À cet égard, les autorités moldaves ont exprimé leur position commune concernant l’utilité d’intensifier les relations entre la France et la Moldavie.

Ces entretiens politiques ont été aussi l’occasion d’encourager le processus de réformes en Moldavie, en matière d’état de droit, d’indépendance de la justice et de lutte contre la corruption.

Nous avons eu l’honneur d’être reçus par Madame la Première ministre, Maia Sandu. Nous avons abordé plusieurs aspects de la coopération entre la France et la Moldavie, et notamment la reconnaissance des permis de conduire, la convention fiscale, les opportunités d’investissement en Moldavie, la sécurité régionale, la coopération culturelle et linguistique. J’ai également évoqué avec la Première ministre les difficultés rencontrées par certaines de nos entreprises françaises, notamment en matière douanière.

Maia Sandu a remercié la France pour son soutien à la promotion du programme de réformes européen de la Moldavie.

« Nous nous félicitons de l’intérêt manifesté par la France pour l’investissement dans le projet de modernisation du chemin de fer dans le tronçon Chisinau-Ungheni et dans d’autres projets d’infrastructure destinés à relier la Moldavie à l’espace européen », Maia Sandu, Première ministre

J’ai également souligné que la Moldavie pouvait compter sur le soutien des parlementaires français dans le processus de ses réformes.

La mission a en outre comporté plusieurs thématiques :

-un volet économique, avec une table ronde organisée par la Chambre de commerce et d’industrie franco-moldave, réunissant une vingtaine de dirigeants d’entreprise français.

-un volet francophonie, avec la visite de l’Alliance française et des lycées francophones

-un volet culturel avec la visite :

  • du Monastère Orthodoxe Curchi
  • du Musée en plein air d’Orheiul Vechi
  • de l’Association Vent d’Est
  • du Musée National d’Ethnographie et d’Histoire Naturelle
  • de la cave à vins Milesti Mici

Concernant le volet économique, si les échanges commerciaux entre la France et la Moldavie sont faibles, la présence des entreprises françaises en Moldavie y est tout à fait significative. De grandes entreprises françaises dont Orange, Lafarge, Pentalog, Lactalis sont présentes en Moldavie. La France figure au cinquième rang des pays investisseurs étrangers en Moldavie, comptant plus de 4000 emplois directs. Les évolutions politiques récentes en Moldavie pourraient avoir un impact très positif sur l’activité commerciale bilatérale. Des opportunités de développement des échanges commerciaux existent.

Toutefois, beaucoup d’entreprises françaises sont confrontées aujourd’hui à des problèmes d’ordre administratif et règlementaire. La négociation d’une convention fiscale entre nos deux pays constitue une demande récurrente des entreprises françaises et de l’ambassadeur. Deux entreprises françaises (UP et Edenred) risqueraient de devoir mettre fin à leurs activités en raison de la récente loi qui soumettrait les chèques déjeuners au paiement des charges sociales à un taux de 24%.

Nous souhaitons être à l’écoute des difficultés que nos entreprises françaises rencontrent à l’étranger afin de construire des propositions concrètes. Les entretiens politiques lors de ce déplacement nous ont permis d’évoquer tous ces problèmes.

En ma qualité de Président du groupe d’amitié, je continuerai à être vigilant afin  que ces problématiques soient prises en compte par les autorités moldaves afin de faire tomber les obstacles administratifs (absence de convention fiscale) et réglementaires (mesures fiscales défavorables, difficultés douanières) qui sont nuisibles pour les intérêts de nos deux pays.

Au niveau de la coopération décentralisée, de nombreux projets avec des villages moldaves sont menés pour l’amélioration des infrastructures, notamment dans le traitement des déchets, l’assainissement des ressources en eau, la transition énergétique et la préservation/promotion du patrimoine culturel. Nous nous sommes engagés à œuvrer pour les renforcer encore.

S’agissant de la francophonie, il convient de noter que le français occupe traditionnellement une place importante dans le système éducatif, avec 8 lycées bilingues. L’Alliance française de Moldavie compte 4000 inscrits. C’est un marqueur essentiel de la présence française en Moldavie. Je me félicite à cet égard du plan de développement de l’enseignement français à l’étranger annoncé le 3 octobre 2019 par Jean-Yves Le Drian, Jean-Michel Blanquer et Jean-Baptiste Lemoyne.

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La concurrence est toutefois forte avec l’allemand et le chinois pour la seconde langue, sachant que le système scolaire privilégie une seule langue vivante et que l’anglais est choisi le plus souvent.

« Défendre la Francophonie c’est défendre la France et une certaine forme d’universalisme. Nous devons faire plus pour promouvoir le travail des Alliances Françaises qui sont le fer de lance de notre identité et de nos valeurs. » Jean-Michel MIS

Nous devons donc renforcer cette coopération afin de préserver la position de la langue française dans le système éducatif moldave.

Lors de ce déplacement, nous avons pu être témoins du rayonnement de la francophonie dans ce pays. Nous avons eu l’occasion de visiter l’antenne de l’Alliance française de Balti.

J’ai pu échanger avec les jeunes du lycée bilingue francophone Mihai Eminescu, assister à un spectacle et évoquer avec les représentants de la ville de Balti des perspectives de coopération. Puis, nous avons été accueillis par l’Alliance française de Chisinau et ensuite par le lycée bilingue Gheorghe Asachi.

Par ailleurs, j’ai pu échanger avec les étudiants francophones de la Faculté de Droit de l’Université d’État de Moldavie sur l’immigration, le code civil français, la transparence et la confiance dans la vie politique.

Ce déplacement fut également l’occasion de visiter l’Université technique de Moldavie avec son laboratoire de recherche en cybersécurité.

Au cours de cette semaine, nous avons appris beaucoup sur la Moldavie. Ce fut une expérience enrichissante qui nous a permis de mieux comprendre les problématiques de ce pays et d’établir une véritable coopération sur de nombreux sujets (échanges économiques, agenda moldave de réformes structurelles, francophonie, problème transnistrien, coopération centralisée). Le groupe d’amitié va ainsi continuer à travailler sur ces sujets afin de contribuer à l’amitié entre nos deux pays.

Je tiens à remercier, en mon nom comme en celui de mes cinq collègues qui ont participé à la mission à Chisinau, Monsieur Pascal Le Deunff, Ambassadeur de France en Moldavie, les services du Parlement moldave,  ainsi que Monsieur Damien Cesselin, Secrétaire administratif de ce groupe d’amitié pour l’organisation de ce déplacement.

 Retombées de notre visite dans la presse moldave

1 : www.jurnal.md/ro/news/0bca412e82578815/maia-sandu-la-intalnirea-cu-un-grup-de-deputati-francezi-nimeni-nu-se-poate-opune-unei-tari-intregi.html

2 : https://www.moldpres.md/en/news/2019/09/27/19007677

3 : http://m.tvrmoldova.md/politic/premierul-maia-sandu-a-avut-o-intrevedere-cu-un-grup-de-deputati-francezi/

4 : https://www.moldpres.md/news/2019/09/24/19007555

5 : https://www.moldpres.md/news/2019/09/26/19007617

6 : http://www.interlic.md/2019-09-24/secretarul-de-stat-dinu-todera-cu-a-primit-la-maeie-vizita-unei-delega-ii-parlamentare-franceze-60839.html

7:https://noi.md/md/politica/relatiile-moldo-franceze-puse-in-discutie-la-parlament

8 :http://a-tv.md/index.php?newsid=6703