Nous sommes tous attachés à un grand service ferroviaire

Depuis lundi soir, comme 4 millions de Français, nous sommes tous plus ou moins touchés par la grève qui perturbe fortement la SNCF. Cette grève a débuté alors même que les concertations entre le Gouvernement et les syndicats sont en cours pour préparer le débat parlementaire à venir. Explications.

En effet, alors que nous sommes tous attachés à ce grand service public ferroviaire, essentiel pour les transports du quotidien, le développement économique, l’aménagement du territoire, et la transition écologique, il nous faut dire la vérité : aujourd’hui ce service public coûte de plus en plus cher (14Md€, +22% en 10 ans, 500€/foyer/an) et ne fonctionne pas mieux. 

Face à cette situation, le plus grand danger aurait été de faire comme avant : ne rien changer ! Nous avons fait le choix de mettre le sujet sur la table et de défendre une réforme indispensable pour la SNCF.

Il est temps d’agir avec un plan à la hauteur des enjeux

1️⃣ La réforme va permettre d’investir massivement dans le réseau

L’État va investir 10 millions d’euros par jour pendant 10 ans pour remettre à niveau le réseau et éviter retards, incidents, ralentissements qui pénalisent lourdement et mettent en danger les usagers. Ces investissements ont trop tardé. Ils sont indispensables.

2️⃣ La réforme va permettre de préparer  l’ouverture à la concurrence pour davantage de trains et de nouvelles offres

L’ouverture à la concurrence est actée. Elle est connue de tous, depuis presque 10 ans. Elle permettra de diversifier les offres, les services et de proposer aux voyageurs davantage de petits prix, en particulier à tous ceux pour qui prendre le train est aujourd’hui un service inaccessible.

La simple perspective de l’arrivée de la concurrence a d’ailleurs poussé la SNCF à créer les TGV OuiGo. Résultat ? Des voyageurs qui ne prenaient pas le train avant peuvent désormais profiter de ce service pour leurs déplacements.

La réforme donne les moyens à la SNCF de préparer cette ouverture à la concurrence. À l’avenir, les personnes recrutées ne le seront plus sous le statut de cheminot qui coûte trop cher à l’entreprise. Avec une dette de  50 milliards d’euros, la SNCF ne peut pas rester la seule entreprise à recruter au statut alors que le secteur s’ouvre à de nouveaux acteurs.

3️⃣ La réforme permet de réorganiser la SNCF

Savez-vous qu’aujourd’hui dans une gare, ce n’est pas la même direction de la SNCF qui gère les quais, la verrière ou les panneaux d’informations. Ce n’est pas non plus la même direction qui gère le grand panneau d’informations dans le hall et celui sur le quai.

La réforme permet de remettre de la cohérence dans  l’organisation de la SNCF. Les trois entités actuelles (SNCF, SNCF Mobilités et SNCF Réseau) vont être réunies pour créer un seul groupe plus uni et plus efficace.

Une méthode 

Pour construire cette réforme, le Gouvernement fait le choix d’une méthode :

– Un cap clair, fixant des objectifs sur lesquels on ne reviendra pas : ouverture à la concurrence, fin des embauches au statut, transformation de l’organisation de l’entreprise.

– Des sujets soumis à la concertation : dates de l’ouverture des marchés, de la fin des embauches au statut, organisation sociale du groupe… – 2 mois de concertations et 3 mois de débat parlementaire.

– Conformément à la méthode présentée par le Premier ministre, la concertation permet d’écrire le contenu du texte de loi sans recourir systématiquement aux ordonnances : dès qu’un sujet avance suffisamment dans la concertation, il est introduit dans le débat parlementaire par amendement à la place des ordonnances.
Cette méthode commence à faire ses preuves :

– Sur l’ouverture à la concurrence, la concertation a permis d’avancer et d’arrêter les dispositions qui seront dans le projet de loi. L’ouverture à la concurrence sera progressive et les garanties liées au statut ont été apportées aux cheminots en cas de transfert à une entreprise concurrente, conformément à l’engagement du Gouvernement.

Rétablissons les faits
  • Cette réforme n’est pas la privatisation de la SNCF
    La SNCF deviendra une Société Anonyme dont les capitaux seront à 100% publics et incessibles, c’est-à-dire que l’Etat ne pourra pas vendre ses parts au capital de la SNCF.
  • Cette réforme ne “casse pas le service public”
    Jamais un Gouvernement n’aura autant investi dans le service public ferroviaire : ce sont 36 milliards d’euros qui seront investis pour la décennie à venir.
  • Cette réforme n’est pas la fermeture des petites lignes
    Le Gouvernement ne suivra pas un rapport indépendant (le rapport “Spinetta”) qui avait proposé cette mesure. L’avenir des petites lignes ne sera pas décidé depuis Paris mais sera décidé au plus près des réalités du terrain.
  • Cette réforme ne “stigmatise” pas les cheminots
    La réforme assure au contraire leur avenir en renforçant leur entreprise. En l’état actuel des choses, l’attitude de certains met en danger l’avenir de la SNCF et des cheminots qu’ils prétendent défendre.
  • Cette réforme n’est pas “un passage en force”
    La grève a débuté lundi alors même que les concertations entre le Gouvernement et les syndicats sont en cours pour préparer le débat parlementaire à venir.