PLFR 3 : ce 3e budget rectificatif accompagne la reprise progressive de l’activité économique

Entamé le lundi 29 juin, puis interrompu vendredi 3 juillet, à la suite de la démission du Gouvernement, l’examen du 3e projet de loi de finances rectificative pour 2020 s’est achevé jeudi 9 juillet en première lecture à l’Assemblée nationale. Ce troisième projet de loi de finances rectificative pour 2020 s’inscrit dans le cadre de la reprise progressive de l’activité économique : il renforce les dispositifs de soutien aux secteurs économiques et de solidarité en faveur des plus fragiles.

Le PLFR 3 amorce le redémarrage de certains secteurs prioritaires en renforçant les dispositifs d’aide pour ceux qui sont encore significativement à l’arrêt, comme le tourisme ou la culture, tout en préparant la transition écologique de nos industries de pointe.

Le texte apporte des financements supplémentaires en soutien à l’économie

✅ Sur le chômage partiel : +3,3 milliards d’euros (31 Md€ depuis mars).

✅  Sur le fonds de solidarité : +1,2 Md€ (8,4 Md€ depuis mars), pour les entreprises du tourisme jusqu’à fin 2020, élargi à celles de 20 salariés / 20 M€ de CA annuel.

✅  Sur les exonérations de charges : +4 Md€, notamment dans le tourisme, l’hôtellerie, la culture et l’événementiel. Il s’agit d’exonérations de cotisations sociales, de remises de dette sociale et de plans d’étalement de charges sociales. 

✅  Soutenir les CCI, un outil au service des chefs d’entreprises

L’amendement que nous avions déposé avec ma collègue  Monica MICHEL visant à revenir sur la baisse de 100 M€ de ressources fiscales affectées aux Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) pour 2020 a été adopté en première lecture. Face au défi économique qui nous attend suite à la crise sanitaire sans précédent que nous traversons, les chefs d’entreprises ont, plus que jamais, besoin de l’aide des CCI pour répondre aux nouveaux défis qui se présentent à eux.

Le réseau par ses actions et son accompagnement, participe activement à la relance et au soutien de l’économie.

✅ Soutien à nos radios indépendantes

L’amendement  d’Aurore BERGE que j’avais co signé exonérant de cotisations et contributions patronales déclarées aux URSSAF les radios indépendantes et les radios associatives à vocation locale, employant jusqu’à 50 salariés et pour les périodes d’emploi du 1er février au 31 mai 2020 a aussi été adopté. En effet, les radios associatives et les radios indépendantes, à vocation locale, sont touchées de plein fouet par la crise économique.

Entre mars et mai 2020, les radios indépendantes estiment que leur chiffre d’affaires global pour l’année 2020 perdra entre 30 et 45 millions d’euros.C’est tout un secteur qui se retrouve de fait directement menacé. 38% des radios indépendantes estiment en effet que cette crise peut mettre en péril leur activité à court terme. Nous ne pouvons pas nous résigner à voir disparaitre l’information de proximité, véritable levier de cohésion de nos territoires, qui était en première ligne pendant la crise sanitaire. Cet amendement propose donc une exonération des cotisations et contributions patronales déclarées aux URSSAF correspondant aux périodes d’emploi du 1er février au 31 mai 2020

Le PLFR 3 comprend trois volets

✅ Engager les transitions pour répondre aux défis de « l’après », notamment à l’enjeu écologique

  • Par des plans de soutien massifs aux secteurs clés : le PLFR 3 engage des crédits pour l’automobile (600 M€ d’aides à l’achat de véhicule plus propre et 200 M€ pour accélérer la transition écologique) et l’aéronautique (165 M€ en R&D, 200 M€ d’investissement et 100 M€ pour accélérer la commande publique). Le secteur culturel bénéficie d’un soutien de 500 M€.
  • Un amendement du Groupe LaREM impose une obligation renforcée de reporting environnemental pour les grandes entreprises bénéficiant de prises de participation de l’APE. Une amende de 375 000 euros est prévue pour les entreprises ne respectant pas cette obligation.
  • Pour valoriser l’engagement des soignants du privé, comme ceux du public : un amendement, porté par le rapporteur général, Laurent Saint-Martin, permet d’exonérer d’impôts et de cotisations les primes versées par les établissements médico-sociaux privés à leurs employés mobilisés dans la crise.
  • Pour soutenir l’accès des jeunes au marché du travail : une enveloppe de 300 M€ est destinée à financer une prime de 8 000€ pour l’embauche d’un apprenti jusqu’au niveau de la licence professionnelle. Plus de 700 000 jeunes sont attendus sur le marché de l’emploi à l’automne 2020.

 

✅  Renforcer les mesures de soutien aux plus fragiles

  • Avec le versement d’une prime exceptionnelle pour 800 000 jeunes de moins de 25 ans sans ressources et maintien des bourses sur critères sociaux en juillet. Une enveloppe de 50 millions d’euros est destinée à soutenir les jeunes de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), qui deviennent majeurs cette année et qui continuent d’être accompagnés par les services de l’État.
  • Avec les « vacances apprenantes », financées à hauteur de 283 M€, pour mettre en œuvre le programme d’accueil des élèves cet été dans les écoles, centres de loisirs et colonies. 86,5 M€ sont dédiés aux quartiers prioritaires de la politique de la ville.
  • Pour lutter contre la pauvreté : 200 M€ supplémentaires sont votés pour prolonger la trêve hivernale, l’hébergement d’urgence et l’achat de produits de première nécessité (94 millions d’euros pour renforcer le plan de soutien aux acteurs de l’aide alimentaire d’urgence).
  • Pour lutter contre les violences faites aux femmes, soit 7 M€, dont 4M€ supplémentaires pour les associations, l’accompagnement psychologique, l’hébergement.

 

✅  Aider les collectivités locales à faire face à la crise

Une enveloppe inédite de 4,5 milliards d’euros est destinée à aider les collectivités territoriales à surmonter l’impact financier de la crise.

  • Cette enveloppe comprend 2,7 Md€ d’avance de trésorerie aux départements (2 Md€ en 2020).
  • Un nouveau prélèvement sur recettes de 750 M€ est voté pour l’année 2020 en faveur des communes et intercommunalités.
  • Le texte engage 1 milliard d’euros pour alimenter la dotation à l’investissement local pour financer un dispositif majeur de relance et d’accompagnement de la transition écologique (renforcement des protections sanitaires, de la transition écologique et de la rénovation du patrimoine public).