Politique de défense, intelligence artificielle, innovations de rupture, pacte vert au coeur des travaux de l’Assemblée parlementaire franco-allemande

Mercredi 5 et jeudi 6 février, avec mes collèges allemands et français, nous étions réunis à Strasbourg pour la troisième réunion de l’Assemblée parlementaire franco-allemande.

L’occasion de réaffirmer l’attachement de nos deux pays au projet européen mais aussi de parler notamment de politique de défense,  d‘Intelligence artificielle et d‘innovations de rupture, d’harmonisation du droit français et du droit allemand des affaires et des faillites, mais aussi du pacte vert européen afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

C’est tout d’abord dans le cadre du groupe de travail Intelligence artificielle et innovations de rupture de l’Assemblée parlementaire franco-allemande 🇫🇷🇩🇪que nous avons participé avec mes collègues députés français et allemands : Christine Hennion, Anna Christmann, Katrin Staffler, Oliver Luksic, Markus Uhl, Marc Delatte, Fréderic Petit, Isabelle Rauch, et Michel Larive, à l’audition des représentants de l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) et des représentants du BSI ( l’Office fédéral de la sécurité de l’information  allemand).

Au coeur de cette réunion, la sécurité du réseau 5G. En effet, il est indispensable, alors que la commission européenne a dévoilé le 29 janvier dernier les règles à respecter pour le déploiement de la 5G, en particulier en matière de sécurité, que nos agences de sécurité travaillent ensemble. C’est une condition indispensable au déploiement de cette technologie en Europe. C’est aussi un enjeu pour notre souveraineté.

Tout comme l’a rappelé Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, dernièrement d’ailleurs : « l’Europe est loin d’être à la traîne dans ce domaine. L’Europe détient plus de 50% des brevets mondiaux dans le réseau 5G.« 

J’ai par ailleurs profité de ces réunions pour féliciter mon collège Christophe Arend qui a été désigné président du groupe d’amitié France-Allemagne à l’Assemblée nationale en remplacement de Sabine Thillaye, aux côtés de laquelle, il avait déjà pu œuvrer durant plus de 2 ans à l’amitié entre nos deux pays. 

🇪🇺Parallèlement à cet échange, une réunion commune du Bureau de l’Assemblée nationale et du Präsidium du Bundestag, présidée par Richard Ferrand et Wolfgang Schäuble s’est tenue autour des questions de la coopération franco-allemande et du rôle des parlements nationaux dans un contexte un peu particulier, entre Brexit, élargissement de l’Union européenne et relations avec les Balkans occidentaux …

 

Il nous faut aujourd’hui travailler à définir une stratégie dans une Europe qui doit retrouver ses marques après le Brexit.

🇪🇺 Réunie au sein du Parlement européen, après les discours d’ouverture de Rainer Wieland, vice-président du Parlement européen, Richard Ferrand, Président de l’Assemblée nationale et de Wolfgang Schauble, Président du Bundestag allemand, notre assemblée a ensuite été l’occasion de débattre de la défense européenne (OTAN, approfondissement de la coopération avec un futur escadron… ) en présence de Florence Parly, ministre des armées, et Annegret Kramp-Karrenbauer, ministre fédérale de la défense.

Florence Parly a rappelé à cette occasion :

Nous avons la responsabilité de construire l’Europe de la Défense, l’Europe qui protège. Malgré nos cultures stratégiques différentes, nous avons su travailler ensemble pour porter de grands projets industriels et nous continuerons !

Avec son homologue allemande, elles sont revenues également sur les projets d’avion de combat du futur et de char MGCS. Florence Parly a d’ailleurs rappelé que « le sort du futur avion de combat européen, qui doit remplacer les Rafale et Eurofighter à l’horizon 2040, est entre les mains  des députés allemands ». 

Nécessité de développer une doctrine concernant l’espace exo-atmosphérique

Elles ont aussi insisté sur la nécessité de développer une doctrine concernant l’espace exo-atmosphérique, cinquième domaine d’action  de la stratégie militaire. Il nous faut en effet mieux surveiller et protéger activement nos satellites. D’autant plus à l’heure du développement des attaques cyber.

C’est pourquoi, il est vital d’intégrer à tous les programmes de défense la question de l’arme cyber. Il nous faut aussi plus de coopérations, de partenariats et de convergences avec tous nos partenaires européens sur ces questions de défense.

La coopération avec l’Allemagne en particulier est primordiale.  Elle « pourra se développer à l’avenir plus largement dans le domaine de la connaissance de la situation spatiale, avec l’ambition forte de partager à terme une situation spatiale coordonnée et autonome », a rappelé la ministre des armées française.

▶️ Pour rappel en France, le budget alloué par la Loi de programmation militaire 2019-2025 au renouvellement des capacités spatiales de la France (observation, écoute, télécommunications, surveillance de puis la Terre) était initialement de 3,6 milliards d’euros. La nouvelle stratégie prévoit une rallonge de 700 millions d’euros. Sur trois loi de programmation militaire, ce seraient près de 2,2 milliards d’euros qui pourraient être consacrés au renforcement des capacités spatiale de la France.

Notre seconde journée de travail, quant à elle, nous a permis de débattre et de voter trois propositions de résolution  :

✅l’une instituant un groupe de travail « Harmonisation du droit français et du droit allemand des affaires et des faillites », afin de travailler à la convergence de nos droits, comme nous le demandent nos PME et nos citoyens. 

Pacte vert pour l’Europe

✅ l’autre instituant un groupe de travail « Pacte vert pour l’Europe », suite à la présentation le 14 janvier dernier par la commission européenne du plan d’investissement du pacte vert pour l’Europe pensé pour mobiliser au moins 1 000 milliards d’euros d’investissements publics et privés au cours des dix prochaines années.

L’ambition étant de faire de l’Union européenne le premier continent neutre d’un point de vue climatique à l’horizon 2050.

✅ la dernière relative à une réunion conjointe de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale et de la commission des transports et des infrastructures numériques.

Le lancement opérationnel de ces groupes de travail commun est une nécessité. Nous avons, en effet, avec l’Allemagne  un partenariat privilégié. Nous nous devons d’oeuvrer ensemble  à rendre l’Europe plus efficace et à faire avancer l’Union européenne.

Cette session a véritablement incarné ce qu’est notre Assemblée franco-allemande: au sein d’un hémicycle, un espace politique binational qui aborde tous les sujets, même les plus délicats, pour construire des solutions communes. Nous progressons toujours plus ! Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale. 

ARTE : La télévision est aussi franco-allemande

Pour clore, cette session de travail, nous avons été conviés à visiter le siège de la chaîne ARTE, présidée par Véronique Cayla -ARTE France- et Peter Boudgoust – Président d’ARTE.  « Nourrir et renforcer un imaginaire européen commun, en créant les conditions du partage culturel, est la raison d’être de la chaîne« , tel en est le leitmotiv.

A cette occasion, nous avons pu échanger sur le plan d’action 2020, visant notamment à renforcer la présence de ARTE dans les différents pays de l’Union européenne.

ARTE souhaite accorder une place essentielle au numérique. Son site et son application sont désormais des médias à part entière.

Depuis plusieurs années déjà, ARTE parle non seulement le français et l’allemand, mais aussi l’anglais, l’espagnol, le polonais et l’italien. Ce service multilingue en ligne va servir de socle au lancement d’une offre commune de l’audiovisuel public français et allemand, avant de pouvoir s’ouvrir aux autres chaînes publiques européennes.

ARTE doit pouvoir continuer,  dans la mesure de ses moyens, à soutenir toutes les formes de production audiovisuelle. Il en va de la vitalité de notre création et de la souveraineté culturelle de l’Europe. Véronique Cayla et Peter Boudgoust .