Reconnaissance faciale : les Jeux Olympiques ont déjà commencé

Jeudi 27 février, j’ai participé à la 13ème édition du « Jeudi de la sécurité », évènement organisé par SDMagazine, dont Mélanie Benard-Crozat est la rédactrice en chef, et Milipol Paris au MEDEF. Cette soirée fut l’occasion d’échanger sur la sécurité des grands évènements sportifs internationaux, notamment la Coupe du monde de rugby 2023 et les Jeux Olympiques de 2024, qui se dérouleront en France.

Les échanges ont débuté avec une keynote d’ouverture de Gilles Furigo, Coordinateur national adjoint pour la sécurité des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024. Il a rappelé l’importance de se protéger des attaques cyber : « en 2018, la ville de PyeongChang en Corée du Sud recevait 400 attaques cyber à la seconde pendant les Jeux Olympiques ! »

Une première table ronde sur les « enjeux stratégiques et feuille de route 2020 » a prolongé les débats.

Olivier Bourde, Directeur délégué Sécurité et mobilité pour la Coupe du Monde de Rugby de 2023, a indiqué que cet évènement sportif est une opportunité d’expérimentation en ayant établi en amont la matrice de responsabilités et de coordination avec l’Etat. Les appels d’offres sur la sécurité privée et les technologies vont être lancées en novembre 2021.

Thomas Collomb, Responsable sécurité du Comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO), a présenté la stratégie de celui-ci, dont les piliers sont : la gouvernance, les livrables dont l’analyse nationale des risques, et la prise en compte du dimensionnement des JO par tous les partenaires.

Le COJO observe et identifie les technologies et les techniques de sécurité utilisées dans les autres évènements pour pouvoir les expérimenter pour 2024.

Cette notion clé d’expérimentation a été de nouveau abordée dans la deuxième table ronde la soirée « Quelles réponses humaines, technologiques et législatives ? » à laquelle j’ai participé aux côtés de Jeremy Chaloine, Business Development Manager chez GENETEC France, Eric Davalo, Directeur Stratégie chez Airbus, Jean Larroulets, Président d’EGERIE et David OFER, Vice-Président d’ITrust.

L’expérimentation des technologies ayant déjà commencé dans d’autres Etats, notamment celle de la reconnaissance faciale, il est indispensable de tenir compte des résultats déjà obtenus et des solutions déjà apportées par celles-ci. Une expérimentation trop longue pourrait être pénalisante pour nos industriels et nos entreprises, qui sont déjà prêts à relever le défi de la transition technologique au profit de la sécurité.

L’importance primordiale de la technologie comme aide à l’humain pour les grands évènements sportifs a été soulignée (cyber sécurité, renseignement numérique, IA, reconnaissance faciale, drones) et vice versa, l’humain pensant et mettant en œuvre la technologie, ne peut être mis de côté dans l’organisation de la sécurité des évènements.

Les agents de sécurité sont une force indéniable que nous devons valoriser.  Claude Tarlet, Président de la Fédération française de la Sécurité privée (FFSP) a souligné : « un travail intelligent doit être mené pour qu’un équilibre soit trouvé entre les moyens technologiques innovants et nécéssaires et les ressources humaines. »

Pour répondre aux enjeux législatifs que soulèvent les grands évènements sportifs, deux solutions s’offrent à nous : créer une loi d’exception, ad hoc, ou un cadre juridique pérenne plus ambitieux, qui devront, dans les deux cas, respecter les préconisations de la CNIL.

Il est également primordial de mettre en avant les entreprises françaises spécialistes des technologies pour ne pas passer à côtés de talents. Il faut, au contraire, voir les grands évènements sportifs comme une opportunité de faire fructifier nos savoir-faire français pour permettre à notre pays d’être conquérant et de développer nos compétences ailleurs.:

Il s’agit d’un enjeu de souveraineté que nous devons prendre en compte dans les décisions publiques.