Après le rapport alarmant sur le service de psychiatrie du CHU de Saint-Etienne, premier bilan avec le directeur et le personnel

Comme je m’y étais engagé et suite à l’audition en commission des lois d’Adeline HAZAN, contrôleure générale des lieux de privation de liberté, je suis allé à la rencontre des personnels, patients et direction du pôle de psychiatrie du centre hospitalier universitaire (CHU) de Saint-Etienne, vendredi 1er juin.

En effet, six mois après la visite d’Adeline Hazan, contrôleure générale des lieux de privation de liberté, au CHU de Saint-Etienne et alors que j’ai pu échanger avec elle, mardi à l’Assemblée Nationale,  il me paraissait opportun de faire un point avec avec  Michael GALY,  directeur général, ainsi qu’avec le personnel du service des urgences adultes de psychiatrie.

Le rapport de la contrôleure générale des lieux de privation de liberté a été un véritable électrochoc pour tout le personnel du CHU qui a été pointé du doigt au niveau national. Bien qu’il a mis en évidence des impairs graves, il ne faut pas oublier ni minimiser l’impact très fort que ce rapport a eu sur l’ensemble du personnel  soignant : les mots ont été très durs et ne reflètent pas toujours le quotidien de ces équipes. En effet,  cette visite de contrôle s’est déroulée juste après les fêtes de fin d’année et lors du pic des maladies hivernales.
Toutefois, sur les 26 mesures préconisées par le rapport, il est à noter que d’ores et déjà 50% de ces mesures ont été mises en place.

La gouvernance du CHU et les équipes soignantes ont mis en place un plan d’action s’articulant autour de 3 axes :
– La rédaction d’un nouveau projet médical pour le pôle psychiatrie;
– Un travail sur les bonnes pratiques de la contention et des mesures d’isolement – travail en collaboration avec d’autres centres hospitaliers et avec les sociétés savantes – renforcement de l’information du patient sur ses droits ;
– Un travail sur le parcours patient avec une réflexion complète sur le circuit du patient psychiatrique – avec la mobilisation de moyens importants 500.000  pour la création de 5 lits dédiés aux patients nécessitant une mesure de contention – ces travaux devraient être soutenus par l’ARS Rhône-Alpes-Auvergne – .
Le 14 juin prochain doit se dérouler un conseil de surveillance au sein du CHU, d’autres décisions pourraient donc être prises. En tout état de cause, le travail réalisé en concertation avec la contrôleure des lieux de privation de liberté se poursuit.
 
La psychiatrie fait face aujourd’hui à de vrais difficultés.  Aussi le gouvernement a, dès le PLFSS 2018, voulu soutenir le secteur de la psychiatrie en augmentant la rémunération du forfait journalier des services de psychiatrie – de 13,5 euros à 15 euros-.
Par ailleurs, la psychiatrie de ville est une vraie problématique car on compte de moins en moins de psychiatres en ville, les délais de consultations augmentent et de fait les situations d’urgences se multiplient.
Rencontre avec la presse à la sortie de ma visite au CHU.