Travailler avec l’ensemble des acteurs pour réfléchir au modèle de financement de la dépendance de demain

Cela fait beaucoup de dossiers où visiblement la poussière a été mise sous le tapis depuis des dizaines d’années. C’est notamment le cas dans les établis­sements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).

Confrontés à des situations insupportables tant à la fois pour les résidents, que pour les personnels, que j’ai reçus très récemment à ma permanence,  que pour les familles, ces établissements connaissent, aujourd’hui, mardi 30 janvier, un mouvement de grève inédit.

En sous-effectif criant, les EHPAD ne sont plus en mesure d’assurer la sécurité et la dignité de leurs patients, de plus en plus nombreux, de plus en plus âgés et qui demandent de plus en plus d’accompagnement.

730 000 personnes âgées seraient actuellement placées en EHPAD. Un Français de plus de 90 ans sur trois serait concerné. Un tiers des résidents serait atteint d’une maladie neurodégénérative.

Pour s’ occuper de ces personnes, on ne compte en France que six ­salariés pour dix « patients », alors que dans les pays scandinaves, il serait un pour un.

Les difficultés rencontrées au sein de certains EHPAD ne sont pas ignorées. Elles ont un impact sur les conditions de vie des personnes aidées et sur les conditions de travail du personnel.

Plusieurs rapports et missions sont en cours sur le sujet, notamment une mission d’information co-rapportée par ma collègue députée Monique Iborra.

Pour améliorer la situation, la réforme du financement des EHPAD, engagée en 2017, sera poursuivie, pour un montant de 430 millions d’euros sur sept ans.

Dès le PLFSS pour 2018 nous avons pris des mesures concrètes :

  • 100 millions d’euros de plus pour l’aménagement et la médicalisation des établissements ;
  • 10 millions d’euros pour la mise en place de postes d’infirmiers de nuit ;
  • création de plus de 4 500 places d’EHPAD en hébergement permanent et 850 places de jour.

Nous savons déjà que cela ne suffira pas. La croissance des besoins s’annonce exponentielle. D’ici à 2070, le nombre des plus de 75 ans aura doublé et celui des plus de 85 ans aura quadruplé.

D’ores et déjà, un plan d’action dédié aux EHPAD sera présenté dans les prochains jours. Il mobilisera 50 millions d’euros à cette fin.

Avec l’allongement de la durée de la vie, la question du grand âge s’impose comme un défi sociétal majeur. L’objectif est donc de mettre en place un modèle d’organisation pérenne pour garantir sur l’ensemble du territoire une offre de qualité et adaptée aux besoins des personnes âgées en terme de soins et surtout de dignité.