Trophées Women in Tech Sud : donner aux femmes l’opportunité de se projeter dans les métiers techniques et de l’ingénierie

Jeudi 12 septembre, au Palais des festivals de Cannes, j’ai eu le privilège de participer à un événement inédit en France, les Trophées Women in Tech Sud. Ce concours, destiné à mettre en valeur les femmes travaillant dans la technologie, lancé par le collectif de femmes techniques WHAT06 (Women Hackers Action Tank 06), a  permis de récompenser des femmes dans trois catégories : chercheuse, startuppeuse et salariée. Une belle initiative permettant de mettre en avant des femmes, actives dans le domaine de la technologie, qui ne bénéficient habituellement que de peu de visibilité auprès du grand public. Des modèles de réussite !

Comment donner l’opportunité et l’envie aux femmes de se projeter dans les métiers techniques et de l’ingénierie ? C’est en souhaitant répondre à cette question que le collectif de femmes techniques WHAT06 (Women Hackers Action Tank 06), a eu l’idée de lancer les premiers trophées Women in Tech Sud.

Les chiffres, en effet, sont sans appel, comme j’ai pu le rappeler à l’occasion de la  table-ronde qui ouvrait cette cérémonie et à laquelle participaient Françoise Bruneteaux (Vice-Présidente déléguée à l’Economie numérique et aux nouvelles technologies, Région SUD) ; Cristina Monnoyeur  (Ingénieure et directrice Transformation Digitale aux Opérations chez l’Oréal ) ; Delphine Delage (Directrice du marché des entreprises IDF de AG2R, directrice de la MPJ) ; David Simplot (Directeur du centre de recherche Inria Sophia Antipolis-Méditerranée) ; Domitille Esnard-Domerego (CEO et fondatrice de la startup Key Infuser) :

  • 29.8 % des femmes en France travaillent dans la Tech,  28,4% de femmes intègrent des écoles d’ingénieurs, 33,6% de femmes sont chercheurs au CNRS ;
  • 15% des dirigeants d’entreprises innovantes sont des femmes. Depuis 2008, on ne compte que 620 fondatrices pour 6 073 fondateurs (1).

Ainsi, au rythme actuel, on atteindra la parité entre les créateurs et les créatrices de startups en 2090 en France, en 2067 au Royaume-Uni et en 2139 en Allemagne.

Par ailleurs, les startups fondées par des femmes ont, en moyenne, 30 % moins de chance que celles fondées par des hommes d’être financées par les principaux fonds de capital-risque. Pourtant, les startups fondées ou co-fondées par les femmes rapportent 2,5 fois plus que celles fondées par des équipes exclusivement masculine.

La mixité femmes-hommes est impérative dans un secteur dynamique où les recrutements et les créations d’emplois sont les plus nombreux.

En 2017, le numérique représentait 54 milliards d’euros. Dans l’industrie du numérique, 94% des professionnels sont en contrat à durée indéterminée et 69% bénéficient du statut cadre.

Aujourd’hui éloignées de la formation et des métiers, les femmes sont quasiment absentes d’un secteur en explosion et très structurant pour le futur de notre société.

Or, une présence accrue des femmes dans le numérique pourrait augmenter de 9 milliards d’euros le PNB de l’Union européenne chaque année. Selon une étude McKinsey, atteindre la parité générerait plus de 200 milliards d’euros de PIB supplémentaire (+10%).

Animée par Cécile Delettré, cette table-ronde m’a aussi permis, en tant que membre du Conseil national du numérique (CNnum), de revenir sur les travaux en cours dans cette instance de réflexion. En effet, aux côtés de Salwa Toko, présidente du CNnum, nous travaillons à l’élaboration d’une charte visant à permettre l’accélération du financement des femmes entrepreneures, appelée « Charte d’engagement pour favoriser la mixité dans le numérique par le financement ». 

Comme le rappelait Salwa Toko :  « Nous sommes dans une situation d’urgence. Il faut agir sur tous les chantiers en même temps : la formation initiale en incitant les jeunes filles à acquérir des compétences numériques, la formation professionnelle en encourageant les femmes à investir ces métiers à l’employabilité élevée, et enfin sur le terrain des entreprises avec des dispositifs – bienveillants – pour changer les mentalités sans effrayer les hommes. »

Il nous faut aussi engager un vrai travail de réflexion également sur la question de la formation. Le rapport de mon collègue Cédric Villani, paru le 28 mars 2018, sur l’intelligence artificielle mentionne d’ailleurs la nécessité de mettre en place des « actions spécifiques visant à féminiser les formations en mathématiques et en informatique. »

Trois femmes ont donc été récompensées lors de cette soirée, organisée en partenariat avec Global Shapers Nice et ProfessionnELLES, pour leurs réalisations exceptionnelles dans les domaines de la technologie et de l’innovation, dans les catégories suivantes :

– Startupeuse dans la tech : Laurie Giugiola


– Chercheuse dans la tech : Karima Boudaoud


– Salariée dans la tech : Stéphanie Lavignasse

Cette soirée, inaugurée par David Lisnard, maire de Cannes, a permis de mettre en avant  56 femmes impliquée dans les métiers de la Tech et qui se sont prêtées au jeu de cette première édition.

Ce déplacement dans la ville de Cannes a aussi, pour ma part, été l’occasion  d’aller à la rencontre des acteurs majeurs de la French Tech Côte d’Azur. Vendredi, j’ai ainsi visité les sites d’innovation de Sophia Antipolis et notamment le Showroom d’Accenture Labs (laboratoire vitrine des nouvelles technologies) et le laboratoire d’IBM spécialisé dans l’Intelligence artificielle.

 

 

(1) Sources : première édition du baromètre SISTA/Boston Consulting Group (BCG) : Les conditions d’accès au financement pénalisent les créatrices de startups